Alors que l’Europe patauge avec sa campagne de vaccination, les États-Unis redynamisent leur économie

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La campagne de vaccination catastrophique de l’Europe va-t-elle lui faire perdre du terrain sur le plan économique? C’est l’une des grandes questions de ces trois prochains mois, selon les économistes.

Après une crise, dans une économie mondialisée, la reprise économique de l’Europe est souvent allée de pair avec celle des Etats-Unis. Mais avec la crise du coronavirus, cette tendance vole en éclat. Une seule cause: le taux de vaccination.

La campagne de vaccination américaine tourne à plein régime. L’administration Biden visait les 100 millions de doses pour les 100 jours du président Biden. Les USA ont atteint ce total le 19 mars, au jour 58 du démocrate. 30% de l’administration américaine a bénéficié d’au moins une dose. La moyenne de l’UE est de 11%. Sur le plan sanitaire, les effets se font déjà sentir, le nombre de cas quotidiens se stabilise aux États-Unis et remonte en Europe sous le poids des nouveaux variants. Qu’en sera-t-il au niveau économique ?

Nombre de cas quotidiens sur les 7 derniers jour par million d’habitant. – Our World In Data

Keynes est de retour

Selon les économistes, une large réouverture économique est certainement envisageable aux États-Unis dans les 3 prochains mois. Une échéance qui semble plus difficile à tenir pour l’Europe. Même avec un mois de mai avec une campagne de vaccination à plein régime – sur lequel comptent de nombreux dirigeants européens – la réouverture économique de l’Union ne sera que graduelle et donc reportée à plus loin.

En outre, le président Biden a lâché les chevaux cette semaine avec un plan keynésien à l’ancienne: des grands travaux d’infrastructure qui devraient stimuler la demande intérieure en plus de créer des emplois nationaux. Moderniser les infrastructures pour stimuler la consommation locale. Au menu: 20.000 miles d’autoroutes et de routes à réparer, 10.000 ponts à sécuriser, 100% des conduites et des lignes de service à remplacer. Le Jobs Plan de Biden n’a rien a envié au New Deal de Franklin Delano Roosevelt. Son coût défie toute mesure: 2.000 milliards de dollars. Cela reste un pari, car l’économie américaine reprendra, c’est une certitude, mais en plombant considérablement les finances de l’État déjà bien entamées en 2020.

‘Wall Street n’a pas construit ce pays – la classe moyenne américaine l’a fait’, a tweeté le président. Il espère toutefois emmener tout le monde dans son sillage. Et si l’on en croit le cabinet de conseil d’Oxford Economics, les choses se passent pour l’instant plutôt bien pour le démocrate, tant au niveau de la bourse, que de la mobilité (reprise du trafic aérien), de la production, du taux d’emploi, de la demande et de la santé. ‘Le Recover Tracker’ fait penser à Oxford que les États-Unis se dirigent vers un ‘mini-boom’.

L’Europe ne peut pas suivre

Le contraste est saisissant avec la zone euro où l’inquiétude grandit. Le ministre français de l’Économie, Bruno Lemaire, a déjà fait comprendre que la France devra abandonner son objectif de croissance de 5,8% en raison d’un nouveau lockdown pour 4 semaines qui démarre ce samedi. Sans écoles ouvertes, il va sans dire que les entreprises en pâtiront.

Tout espoir de croissance en 2021 n’est toutefois pas perdu pour l’Europe, estime Peter Vanden Houte, économiste chez ING: ‘Nous pensons qu’une partie des excédents d’épargne accumulés par les ménages sera progressivement réinjectée dans l’économie, ce qui stimulera la reprise au second semestre.’ Mais les différences seront marquées selon les modèles de croissance.

  • Etats-Unis : 6,9%
  • Eurozone: 3,6%
  • Chine: 7,0%
  • Japon: 3,5%

Les États-Unis pourront suivre le rythme de la Chine qui sera près de deux fois supérieur au taux de croissance de l’Europe ou du Japon, selon ING. La Belgique se situerait elle dans la moyenne européenne autour des 3%.

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