Voici comment va se dérouler la périlleuse mission d’évacuation belge en Afghanistan: « Du côté militaire, il n’y a aucun contact avec les talibans »

La Belgique se prépare à une mission difficile. Trois gros avions militaires ont décollé pour Islamabad, au Pakistan. Si tout va bien, ils arriveront vendredi à Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, pour évacuer les Belges sur place. Le gouvernement veut faire sortir 470 personnes et leurs familles du pays. Il n’est pas certain que cela réussisse.

Aujourd’hui, trois avions militaires belges sont partis pour Islamabad au Pakistan. De là, la Défense espère atterrir à Kaboul vendredi pour évacuer les Belges, les travailleurs des ONG, les interprètes et les fixeurs.

« Restez chez vous jusqu’à ce que vous ayez la permission d’évacuer »

Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, le gouvernement a expliqué la situation actuelle.

« L’accent est mis sur les Belges et leurs familles nucléaires », a déclaré Sammy Mahdi (CD&V), secrétaire d’État à l’asile et à la migration. « Après cela, nous voulons aussi évacuer les interprètes, les fixeurs et les employés de l’OTAN et des ONG ».

Avant de pouvoir embarquer dans un avion belge, les personnes qui souhaitent être évacuées doivent se présenter à l’ambassade d’Islamabad (qui est compétente pour les Belges en Afghanistan). Là, leur identité et leur possibilité d’évacuation seront vérifiées. « Restez chez vous jusqu’à ce que vous ayez la permission d’évacuer », a déclaré la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès (MR).

Combien de temps l’aéroport de Kaboul sera-t-il accessible pour les évacuations ? Cela dépend des Américains, a déclaré le ministre Wilmès. Tant qu’ils resteront sur place pour garantir la sécurité, les évacuations pourront avoir lieu.

Sous le contrôle de l’armée américaine

« Du point de vue militaire, il n’y a aucun contact avec les talibans », a déclaré le vice-amiral Wim Robberecht. Les informations sur l’état de la situation dans et autour de l’aéroport de Kaboul sont partagées entre les pays partenaires.

Toutes les personnes susceptibles d’être évacuées ne se trouvent pas à l’aéroport de Kaboul, qui est jusqu’à nouvel ordre sous le contrôle de l’armée américaine. Comment la Belgique va-t-elle aider les personnes qui ne peuvent pas s’y rendre ? Les ministres compétents n’ont pas pu répondre à cette question.

« La première équipe (de la Défense, ndlr) est arrivée à Islamabad pour préparer l’opération », a déclaré le ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS). La ministre n’a pas voulu donner d’informations sur le nombre de soldats déployés, « pour des raisons de sécurité ».

« Nous allons avoir besoin de beaucoup de soutien »

Le nombre de personnes que la Belgique sera en mesure d’évacuer de Kaboul reste incertain. En coulisses, les sources gouvernementales ne sont pas trop confiantes quant au bon déroulement de cette mission.

« Nous allons avoir besoin de beaucoup de soutien à Islamabad », déclare un employé du gouvernement. « Ça va être un problème, de voler d’Islamabad à Kaboul. Ça va prendre quelques jours de plus. »

Seize Belges auraient déjà été évacués avec un C-17 néerlandais et un Belge aurait volé avec un avion français. Mais cette information doit encore être confirmée, a-t-il indiqué.

« Nous n’avons pas encore toutes les informations sur les seize Belges qui ont été évacués par les Pays-Bas », a simplement commenté Mme Wilmès.

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