Vers une avalanche de faillites? Les deux prochains mois seront déterminants…

EPA

Dimanche a vu la fin du moratoire sur les faillites, une mesure gouvernementale d’urgence visant à protéger les entreprises contre les faillites en raison de la crise du coronavirus. Les organisations d’entreprises retiennent leur souffle pour les semaines à venir.

Le moratoire a protégé les entreprises contre les faillites et les saisies durant une période marquée par une chute, voire une disparition complète, des revenus mais où les coûts ont continué à augmenter.

Les chiffres surprenants des faillites pour 2020 montrent que la mesure a bien fonctionné. Au cours de l’année du coronavirus, 33% d’entreprises en moins ont fait faillite par rapport à 2019, alors que l’on aurait pu s’attendre à une forte augmentation. Ce n’est pas un phénomène typiquement belge. En France aussi, grâce à la protection temporaire du gouvernement, le nombre des faillites d’entreprises a été nettement inférieur à la normale.

Mais le moratoire belge a expiré dimanche, et ce malgré les appels de certaines fédérations patronales à prolonger la mesure. Aucun accord n’a en effet pu être conclu entre ces organisations. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB), par exemple, qui a évoqué une ‘bulle de survie artificielle’, est d’accord avec la suspension.

Le principal inconvénient d’un moratoire est que la mesure ne fait aucune distinction entre les entreprises intrinsèquement viables et celles qui ne le sont pas. Ces entreprises dites ‘zombies’ sont alors maintenues en vie de manière totalement artificielle. De plus, certains créanciers ont eux-mêmes rencontré des problèmes. Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open Vld), a qualifié la mesure de peu précise et lancé, en guise d’alternative, un assouplissement de la procédure de protection judiciaire, dont l’entrée en vigueur est prévue d’ici la fin du mois de mars.

Pont

La grande question est de savoir comment les entreprises en difficulté financière vont pouvoir faire le pont au cours des deux prochains mois.

’Il ne s’agit pas de maintenir un tel moratoire indéfiniment’, a déclaré Danny Van Assche, directeur général d’Unizo, à l’agence Belga. ‘Mais vous ne pouvez pas complètement ignorer les entreprises des secteurs obligés de fermer tant qu’il leur est légalement interdit de générer du chiffre d’affaires et des flux de trésorerie. Elles n’ont même pas la possibilité de se défendre et de sortir de la crise.’

Danny Van Assche a également fait part de sa crainte de voir la décision du gouvernement provoquer une vague de faillites, y compris parmi les entreprises qui n’ont rien à se reprocher. De son côté, la FEB a fait valoir qu’une prolongation du moratoire pourrait déclencher une avalanche de faillites à long terme.

Créanciers

Le gouvernement, par l’intermédiaire des autorités fiscales et de l’Office national de sécurité sociale (ONSS), est souvent le principal créancier des entreprises les plus pauvres. On s’attend donc à ce que ces services fassent preuve d’indulgence jusqu’à la fin du mois de mars.

La balle se retrouvera donc dans le camp des banques et des créanciers privés. ‘Et pendant ce temps? Tant que nos entrepreneurs du secteur horeca ne sauront pas quand ils pourront redémarrer, ils ne pourront pas convaincre leurs créanciers. Nous le constatons déjà chez les banques qui émettent ouvertement leurs doutes quant à l’extension des prêts’, a prévenu Horeca Vlaanderen.

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