Le CEO de Belfius: ‘Des faillites? N’avions-nous pas trop d’horeca en Belgique?’

Marc Raisière – Isopix

Le grand patron de la banque d’État Belfius, Marc Raisière, se frotte au PS. Dans une interview qui a fait grand bruit ce week-end.

  • S’agissait-il d’une formulation malheureuse ou était-il vraiment sincère? Dans Trends-Tendances, Marc Raisière, le CEO de Belfius, a évoqué assez durement les conséquences de la crise sur l’horeca. ‘Bien sûr qu’il y aura des faillites! Mais n’avions-nous pas trop de cafés et de restaurants en Belgique? Étaient-ils tous rentables? Étaient-ils tous viables, sans avoir recours au noir? J’ai bien conscience de parler très crûment mais les économies ont de temps à autre besoin d’une vague d’assainissements.’
  • Ces mots ont été très mal pris dans l’horeca, surtout en Belgique francophone, où l’on parle d’une attaque ‘arrogante’ et ‘brutale’. C’est pourquoi le secteur, par le biais du Collectif Wallonie Horeca, demandent aux ‘autres banques belges de faire une proposition adaptée à l’Horeca pour que nous changions de banque.’
  • Mais le plus ennuyeux pour Marc Raisière, c’est que l’affaire a également pris une tournure politique. ‘Un tel mépris par le patron d’une banque, publique de surcroit, est inacceptable. Le rôle d’une banque est précisément de soutenir l’économie réelle, et de renforcer le tissu économique local, et non d’insulter ses représentants’, a déclaré le groupe PS de la Chambre. Le chef de groupe Ahmed Laaouej (PS) appelle Marc Raisière à ‘recevoir le secteur de l’horeca dès que possible’ et à ‘lui apporter son soutien’.
  • Il est de notoriété publique que le CEO de Belfius a pu bénéficier d’un soutien assez large de la part du précédent Premier ministre, Charles Michel (MR), et de toute la branche libérale francophone du gouvernement fédéral. Mais avec le départ de Charles Michel, mais également de Didier Reynders (MR), l’équilibre des forces a changé. Et il est clair que le PS ne compte plus donner un blanc-seing au CEO de Belfius.
  • L’État belge est actionnaire à 100% de Belfius, la banque née des cendres de Dexia. La bad bank restante traîne toujours comme un boulet attaché au pied du gouvernement, et donc du contribuable. La ‘bonne’ banque, par contre, pourrait à l’avenir être à nouveau cotée en bourse. Cette opération n’a pas eu lieu sous le gouvernement précédent. Nous devrons attendre de voir quels seront les projets de Petra De Sutter (Groen), ministre des entreprises publiques, concernant la banque.

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