Une première station spatiale à gravité artificielle et capable d’accueillir 400 personnes en orbite dès 2025 ?

Le but ultime de la science-fiction consiste-t-il à être constamment rattrapée par la réalité ? C’est ce qu’on pourrait penser en découvrant le grand projet de l’entreprise Gateway Spaceport : une gigantesque station spatiale à vocation touristique, capable de générer elle-même une gravité à son bord équivalente à celle de la Lune. Bref, rien de moins que la plus grande structure construite par l’Humanité dans l’espace.

Tout le monde se souvient de la scène du « ballet spatial » dans 2001 : Space Odyssey de Stanley Kubrick : de gigantesques stations orbitales immaculées et des navettes capables de relier la Terre à la Lune évoluant avec une valse pour fond sonore. Et c’est peu ou prou ce que veut réaliser Gateway Spaceport (initialement nommée Gateway Foundation), une entreprise fondée en 2012 : bâtir en orbite une gigantesque structure circulaire de 500 mètres de large nommée Voyager.

L’idée géniale d’un certain von Braun

Cette station spatiale d’une conception inédite est en fait basée sur un concept développé par Wernher von Braun lui-même. Le scientifique allemand, émigré aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale et qui a joué un rôle essentiel dans la conquête spatiale, avait imaginé une installation orbitale circulaire qui tournerait sur elle-même. L’inertie et la force centripète d’accélération permettraient alors de générer une pression sur les parois extérieures de la structure, créant finalement une gravité artificielle au moins équivalente à celle de la Lune. Ce qui rendrait la vie à bord bien plus aisée -et sans doute moins nocive pour l’organisme humain– que les actuelles stations en gravité zéro telles que l’ISS.

Si Voyager voit le jour, ce vaisseau sera alors la première mise en œuvre concrète du principe d’une station à la von Braun ». Or, Gateway Spaceport s’est donné pour objectif de rendre l’installation opérationnelle dès 2025, pour une utilisation en 2027. Un travail titanesque qui nécessiterait 70 milliards de dollars d’investissement, et qui parait quand même fort peu réalisable sur des délais aussi courts alors que la NASA elle-même ne sait pas ce qu’elle envisagera quand l’ISS terminera sa carrière en 2030. D’autant qu’on n’en sait guère plus sur l’état du financement, si ce n’est que l’entreprise est ouverte aux dons des gouvernements et des entreprises privées, qui pourront en échange utiliser la station.

Voyager a pour vocation d’accueillir à la fois un luxueux hôtel all inclusive avec un gymnase, un restaurant, une salle de cinéma, ou encore un spa, et doté de vingt-quatre modules d’habitation intégrés de vingt mètres sur douze selon Sciencepost, et d’un centre de recherche scientifique de premier plan. Chaque logement à bord serait équipé d’une petite navette en cas d’évacuation en urgence, avance même la firme, qui a visiblement pensé à tout.

Le rêve d’une porte des étoiles

Mais on n’en est pas là, et Gateway Spaceport assure travailler sur des prototypes de taille plus réduite afin d’étudier la faisabilité de ce genre de système à gravité artificielle théorisé par von Braun.

Mais l’entreprise considère Voyager comme une simple étape intermédiaire et vise, à terme, à bâtir The Gateway : une station gigantesque, véritable port de transit entre la Terre et les autres planètes de notre système solaire, et qui sera capable d’accueillir 1.250 visiteurs en plus de son équipage de 150 personnes. Quand il s’agit des étoiles, on est toujours en droit de rêver ; c’est ce que faisait Wernher von Braun.

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