Une application pour savoir ce que l’État sait de vous est en préparation

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Qu’est-ce que l’État fait de nos données ? Face au déficit de confiance que suscite la protection des données, le secrétaire d’État à la Numérisation, Mathieu Michel (MR), présentera ce mercredi à la Chambre un nouvel outil. Accéder aux données que détient l’État sur vous est déjà possible sur différents portails. Mais ils sont peu visibles voire pas du tout pratiques.

Plusieurs polémiques sont nées à la suite d’informations publiées par Le Soir. Elles mettent en lumière une administration, qui, sans forcément de mauvaises intentions, veut faciliter l’accès à nos données entre les différents services publics.

Le danger, c’est l’entrecroisement de ces données, qui suscite une vive inquiétude chez les citoyens. Si la crise actuelle nous a permis de nous rendre compte que le Big Data et son exploitation orwellienne sont finalement très peu avancées, les applications potentielles de ces méthodes restent dangereuses. Mêler des données personnelles à des données de santé, de justice voire des données fiscales: tout le monde sent venir le danger.

Ce qu’on reproche aux administrations et à certains techniciens, c’est de mettre la charrue avant les bœufs, sans cadre légal ou éthique. Des données mieux exploitées, mais pour faire quoi ?

Alerté, Mathieu Michel a pris le sujet au sérieux. Si les accusés se défendent d’avoir mal agi, il n’en reste pas moins que le politique doit nécessairement reprendre le contrôle des opérations. Et cela passe par un regain de confiance du citoyen.

Un portail et une application

C’est pour cette raison que le Secrétaire d’Etat présentera un outil permettant aux Belges de connaitre précisément ce que l’Etat sait d’eux, explique Le Soir. Un outil sous forme de portail web et d’application qui permettra de centraliser ces données. Mathieu Michel espère que le tout sera opérationnel ‘dès 2022’.

Le modèle est estonien, un pays connu comme pionnier de l’e-administration. Reste à dresser la liste des catégories de données dont dispose chaque institution. À terme, chaque citoyen pourrait même savoir quand et pourquoi un service public a accédé à ses données.

Alors, des outils similaires existent, comme la Banque Carrefour de la Sécurité sociale ou encore ‘Mon dossier’, qui permet d’accéder à votre dossier personnel au Registre national. Mais tout n’est pas recensé en un seul endroit et, finalement, qui connait ces portails ?

Pas suffisant

Bien sûr, il s’agit de la partie transparence. ‘Une première étape’, reconnait Mathieu Michel. L’objectif principal reste d’établir ce que l’État veut, peut ou ne peut pas faire avec nos données, avec une base légale, en ne permettant pas à des agents de l’administration de s’en donner la prérogative sans contrôle démocratique.

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