La marine américaine équipe ses destroyers de classe Zumwalt de missiles hypersoniques


Principaux renseignements

  • La marine américaine remplace son artillerie défectueuse par des missiles hypersoniques afin de transformer les destroyers de la classe Zumwalt en plates-formes d’attaque à longue portée.
  • Les navires furtifs peuvent désormais atteindre des cibles situées à 1 725 miles (2 776 km) de distance à des vitesses supérieures à un mile par seconde.
  • Des modifications du système de carburant et de la coque furtive leur permettent d’opérer plus profondément dans les eaux contestées du Pacifique.

Après des années de difficultés, la marine américaine tente de redonner un nouveau rôle aux destroyers de la classe Zumwalt. Ce programme, qui a coûté environ 22 milliards de dollars (environ 19,2 milliards d’euros), a été confronté à des dépassements de coûts et à des problèmes techniques.

À l’origine, 32 navires étaient prévus. Ce nombre a été ramené à trois navires en service : l’USS Zumwalt, l’USS Michael Monsoor et l’USS Lyndon B. Johnson. Les coûteux systèmes de canons avancés (Advanced Gun Systems) se sont révélés inefficaces. C’est pourquoi la marine les remplace par des missiles hypersoniques Conventional Prompt Strike (CPS). Les navires se voient ainsi attribuer un nouveau rôle opérationnel.

Un bond en avant en matière de capacité de frappe

Les armes non nucléaires augmentent considérablement la capacité d’attaque, dont la portée passe de 63 miles (101 km) à 1 172,5 miles (2 776 km). Ensuite, ces missiles dépassent un mile par seconde. Ils atteignent le détroit de Taïwan depuis Guam en environ 30 minutes. Les missiles de croisière Tomahawk mettent environ une heure pour parcourir 800 kilomètres.

Au-delà de l’armement, la Marine renforce l’autonomie opérationnelle des navires. L’USS Michael Monsoor fait actuellement l’objet de modifications visant à convertir ses citernes de ballast d’eau de mer en réservoirs de carburant supplémentaires. Cette augmentation de la capacité en carburant permettra aux destroyers de rester plus longtemps en poste, ce qui est essentiel pour les missions de dissuasion dans la région indo-pacifique.

L’avantage de la furtivité

La classe Zumwalt possède un avantage unique grâce à sa coque furtive à faible signature radar. Cette conception permet aux navires d’opérer dans des eaux contestées et à proximité de côtes hostiles où les porte-avions traditionnels seraient trop vulnérables.

En combinant cette furtivité à la technologie hypersonique, la Marine transforme ces navires en plates-formes de première frappe à haut risque, capables de pénétrer dans des zones de déni d’accès.

Limites

Malgré les améliorations, les détracteurs affirment que l’utilité de ces navires reste limitée. Chaque navire ne peut embarquer que 12 de ces missiles, ce qui amène certains à se demander si une charge utile aussi réduite justifie le coût colossal de ces navires.

De plus, sans nouveaux destroyers Zumwalt, ces modifications servent surtout de banc d’essai pour intégrer des capacités hypersoniques sur d’autres plateformes, comme les sous-marins de classe Virginia. (rd) (at)

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