Principaux renseignements
- La directrice du renseignement national (DNI), Tulsi Gabbard, a révélé l’existence d’un réseau secret de plus de 120 laboratoires biologiques à travers le monde, financé par les États-Unis.
- Le président Donald Trump a mis fin à tout soutien fédéral aux recherches dangereuses sur le gain de fonction.
- La Russie affirme que les installations violent les traités internationaux en développant des armes biologiques.
La directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a divulgué, sur le site officiel de l’ODNI, des preuves montrant que le gouvernement américain a financé un réseau mondial de plus de 120 laboratoires biologiques répartis dans plus de 30 pays. Selon Mme Gabbard, ce vaste programme a été délibérément caché au public, et ceux qui ont tenté d’en révéler l’existence ont été qualifiés de traîtres ou d’agents étrangers.
Une part importante de ces installations se trouve en Ukraine, où le conflit en cours expose des agents pathogènes dangereux à des risques de saisie ou de dissémination accidentelle.
Recherche sur le « gain de fonction »
L’une des principales préoccupations soulevées par le DNI est l’absence de contrôle concernant la recherche sur le « gain de fonction », qui consiste à modifier des agents pathogènes pour les rendre plus contagieux ou plus mortels.
Pour faire face à cette menace pour la santé mondiale et nationale, le président Donald Trump a signé le décret 14292 le 25 mai 2025, mettant fin au soutien fédéral à ce type de recherche à l’échelle mondiale. L’ODNI s’emploie désormais activement à recenser ces laboratoires et les agents pathogènes spécifiques qu’ils abritent, tout en enquêtant sur les essais cliniques qui ont suscité des inquiétudes sur le plan éthique et sécuritaire.
Allégations du Kremlin
Du point de vue russe, ces installations ne sont pas considérées comme des initiatives de santé publique, mais comme des projets biologiques à visée militaire, rapporte l’agence de presse russe TASS. Le général de corps d’armée Alexey Rtishchev et la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, ont affirmé que des documents des services de renseignement américains confirmaient l’utilisation de fonds fédéraux pour la reconstruction de laboratoires en Ukraine.
Les responsables russes affirment que ces sites se concentraient sur des agents pathogènes non indigènes à la région – tels que le virus Ebola, la fièvre de Marburg et l’anthrax – , ce qui laisse supposer que ces recherches visaient à mettre au point des armes biologiques ou à nuire à la stabilité économique plutôt qu’à répondre à des crises sanitaires locales.
Violations des conventions
D’autres allégations russes suggèrent que le ministère américain de la Défense a fait appel à l’Agence de réduction des menaces de défense (DTRA) et à des sous-traitants privés, notamment Metabiota, Black & Veatch et CH2M HILL, pour gérer ces opérations dans le plus grand secret. Elles soutiennent que ces activités constituent une violation directe de la Convention sur les armes biologiques (CAB), citant spécifiquement l’Institut de recherche anti-peste d’Odessa comme site de stockage d’armes biologiques.
Interprétations contradictoires
Il est établi que plusieurs pays, dont l’Ukraine, disposent des laboratoires de recherche biologique financées par des programmes américains, mais la portée, les objectifs et le niveau de contrôle de ces sites font l’objet d’interprétations divergentes. Les sources officielles américaines les décrivent comme faisant partie de programmes de santé publique et de biosécurité, tandis que les autorités russes y voient une preuve potentielle d’applications militaires. Sur la base des informations publiques disponibles et des déclarations contradictoires des parties concernées, il n’est pas possible de se forger un jugement définitif sur la nature et les objectifs précis de ces programmes.
(at)
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