Israël pourrait compromettre l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, selon les services de renseignement américains


Principaux renseignements

  • Les services de renseignement américains préviennent que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pourrait faire échouer un éventuel accord de paix avec l’Iran.
  • Les pressions politiques internes obligent Netanyahu à poursuivre les opérations militaires au Liban.
  • Les priorités stratégiques contradictoires entre les États-Unis et l’Israël menacent de faire capoter cet accord fragile.

Selon des responsables américains actuels et anciens, les services de renseignement américains auraient averti l’administration Trump que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu risquait de compromettre un éventuel accord de paix avec l’Iran. C’est ce que rapporte le Washington Post.

Des rapports indiquent que Netanyahu subit une forte pression interne pour poursuivre les opérations militaires au Liban, ce qui est en contradiction directe avec les conditions d’un accord provisoire exigeant la fin des hostilités.

Frictions diplomatiques

Ces informations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la Maison Blanche et le gouvernement israélien. Alors que l’administration Trump a mis en garde contre des attaques susceptibles de faire dérailler les efforts diplomatiques, Israël a récemment mené des frappes aériennes dans le sud du Liban à la suite d’une attaque de drone qui a coûté la vie à quatre de ses soldats.

Cette escalade des affrontements a entraîné le report des négociations prévues en Suisse, obligeant le vice-président américain JD Vance à annuler son voyage.

Pressions intérieures

L’analyse des services de renseignement montre que la survie politique de Netanyahu dépend de son image dans son propre pays. À l’approche des élections nationales, le Premier ministre est perçu comme quelqu’un d’incapable de retirer ses troupes ou de réduire les opérations contre le Hezbollah sans être considéré comme vaincu. Les données de l’Institut d’études sur la sécurité nationale reflètent ce sentiment. Elles montrent que 70 pour cent des Israéliens juifs sont favorables à une intensification du conflit. De plus, les citoyens déplacés du nord d’Israël exigent le démantèlement complet du Hezbollah.

Il existe également un désaccord fondamental concernant le « protocole d’accord » entre les États-Unis et l’Iran. Les responsables israéliens estiment que ces conditions limitent leurs capacités défensives et affaiblissent la stratégie de « pression maximale » contre Téhéran. À l’inverse, le gouvernement américain soutient qu’Israël conserve le droit de riposter en cas d’attaques. Il affirme que la stabilisation du détroit d’Ormuz, visant à éviter un effondrement économique mondial, prime sur les préoccupations spécifiques de Netanyahu.

L’accord

Certains analystes préviennent que, même en l’absence d’une nouvelle escalade, le refus d’Israël de se retirer du Sud-Liban pourrait faire échouer cet accord fragile. L’absence de retrait est considérée par certains responsables américains comme un prétexte certain à la reprise des combats. Cette détermination est partagée par les partisans de la ligne dure au sein du gouvernement israélien, comme le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. Qui a plaidé en faveur de mesures de représailles sévères sur l’ensemble du territoire libanais.

Cette situation place Netanyahu dans une position délicate. En poursuivant ses attaques contre le Liban, il risque de nuire à ses relations avec le président américain Donald Trump. Qui a déjà fait part de sa frustration face au conflit libanais. (ev) (at)

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