Plusieurs pays de l’OTAN veulent envoyer de puissants missiles antinavire à l’Ukraine, mais ils se refilent la patate chaude

Jeudi, le Sénat américain a approuvé un programme de soutien de pas moins de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine. En outre, les États-Unis semblent vouloir lui fournir de puissants missiles antinavires. Grâce à ceux-ci, l’Ukraine pourrait elle-même lever le blocus russe de ses ports ou, mieux encore, les faire sauter.

C’est avec une majorité écrasante de 86 contre 11 que le nouveau paquet d’aide a été approuvé par le Sénat. Maintenant, seul le président Joe Biden doit apposer sa signature, mais cela devrait être une formalité. Bien que le sénateur républicain Rand Paul s’y soit initialement opposé, le paquet de soutien a néanmoins été rapidement approuvé. Le dossier des missiles anti-navires est plus difficile.

Moskva

L’Ukraine dispose déjà de missiles Harpoon, dont deux auraient percé la coque du Moskva, le navire amiral russe de la flotte de la mer Noire qui gît désormais au fond de la mer. Cependant, le pays rencontre de nombreux problèmes dans l’utilisation de ces missiles.

Avec une portée pouvant atteindre 300 kilomètres, un tel missile peut frapper de nombreuses cibles en mer Noire, mais le véritable problème réside dans son tir. Le missile est généralement tiré depuis la mer, ce qui est difficile puisque l’Ukraine n’a pas vraiment de flotte depuis 2014. Un tir depuis la terre est possible, mais le pays ne dispose que d’un nombre limité de lanceurs, et en plus, c’est techniquement beaucoup plus difficile. Les États-Unis recherchent assidûment des solutions, et il semble même possible de retirer certaines rampes de lancement des navires de guerre américains et de les expédier en Ukraine.

En outre, les stocks ukrainiens de Harpoons s’épuisent progressivement. Selon diverses sources au sein de l’administration américaine, les USA souhaitent désormais envoyer des missiles supplémentaires, le Harpoon de Boeing ou le Naval Strile Missile (NSM) fabriqué par Raytheon et Kongsberg. Cela peut se faire soit directement, soit avec un allié européen comme intermédiaire. Le coût par missile ? 1,5 million de dollars.

Faire sauter le blocus

Selon Bryan Clark, expert naval au groupe de réflexion The Hudson Institute, la livraison de 12 à 24 missiles antinavire pourrait être suffisante pour menacer la Russie. La marine russe dispose actuellement d’une vingtaine de navires dans la zone de la mer Noire autour de l’Ukraine, et le plus gros navire a déjà été mis hors d’état de nuire par deux Harpoon.

Selon lui, cela constituerait également une solution aux blocus des ports ukrainiens organisés par les Russes, qui, entre autres, empêchent les céréales d’être exportées vers le reste du monde. « Si Poutine continue, l’Ukraine peut abattre ses plus gros navires, car ils n’ont nulle part où se cacher en mer Noire », a expliqué Clark à Reuters.

Toutefois, cette solution se heurte à un autre problème : si une poignée de pays y songent, aucun ne veut être le premier à envoyer des missiles antinavire supplémentaires ni être le seul à le faire. Car l’Occident craint une réponse forte du Kremlin. Les États-Unis cherchent un moyen d’envoyer directement des Harpoon ou des NSM. La Norvège est aussi citée pour envoyer des ogives NSM, tandis que d’autres alliés pourraient fournir des lanceurs. Si les NSM sont plus difficiles à livrer que les missiles de Boeing, ils sont plus faciles à utiliser.

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