Notre prochain message radio vers l’espace alertera les extraterrestres des dangers de notre crise climatique

Il y a quelques années, TRAPPIST-1 avait fait couler beaucoup d’encre ; d’abord parce que cette étoile de type naine rouge semble être accompagnée de sept planètes rocheuses de taille inférieure ou égale à la Terre, le maximum observé jusqu’à présent. Et ensuite car, comme son nom le trahit, ce système stellaire porte la marque de notre pays ; il a été découvert en 2015 à l’aide du télescope belge TRAPPIST (the TRAnsiting Planets and Planetesimals Small Telescope) installé sur deux sites distincts, au Chili et au Maroc. Depuis, on a décidé d’y laisser un message à l’intention de ses éventuels habitants.

Ce n’est pas la première fois qu’un message est envoyé vers l’espace lointain, plus ou moins au petit bonheur la chance, dans l’espoir que quelqu’un finisse par tomber dessus et lui prête l’attention que nous recherchons pour nous-mêmes. La démarche ne fait d’ailleurs pas l’unanimité, certains astronomes n’estimant guère pertinent de perturber d’éventuelles civilisations lointaines avec notre petite existence… Au risque d’ailleurs de trop attirer l’attention sur nous.

Mais le collectif METI International, qui regroupe scientifiques, sociologues, historiens, anthropologues et artistes, s’est mis d’accord sur un message à adresser en direction de TRAPPIST-1. METI signifie Messaging Extraterrestrial Intelligence, par opposition à SETI, le terme plus passif de Search for Extraterrestrial Intelligence.

Un message alarmant mais honnête

Convaincus que l’humanité gagnerait à envoyer des messages vers les étoiles plutôt que d’attendre de recevoir un message des extraterrestres, ils ont décidé que ce message devait informer ses éventuels auditeurs de l’état dans lequel nous avons mis notre propre planète, et le signal radio comportera toute une série de données illustrant la crise climatique que nous commençons seulement à traverser, si tant est qu’on en aperçoive un jour le bout.

« Le grand défi de la communication interstellaire est d’établir un terrain d’entente commun », a résumé auprès de Space.com Douglas Vakoch, le président de METI International. Pour y parvenir, le message commencera par le tableau périodique des éléments. Les éléments chimiques étant universels, tout extraterrestre ayant des connaissances scientifiques devrait reconnaître le tableau périodique. Ce contenu créerait un terrain d’entente pour que le message décrive ensuite certains des défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés ici sur Terre.

De la musique pour les étoiles

En plus des informations scientifiques, le signal reproduira de la musique : METI International s’est associé au festival de musique Stihia en Ouzbékistan, qui est un projet à but non lucratif visant à sensibiliser le public à l’assèchement de la mer d’Aral, dont les communautés locales dépendent pour la pêche. Les organisateurs du festival sont responsables des choix musicaux du message, qui comprend des morceaux tels que « A Beauty of the Earth » du pionnier de la musique électronique soviétique Édouard Artemyev, « Through the Asteroid Belt » de The Comet is Coming et une sélection de morceaux d’artistes se produisant au festival.

39 années-lumière

Le signal radio sera envoyé vers l’espace le 4 octobre prochain depuis Goonhilly Satellite Earth Station, une installation d’écoute et d’émission installée dans les Cornouailles, à la point ouest de l’Angleterre. Une date qui n’a pas été choisie au hasard, car elle correspond au début de la Semaine mondiale de l’espace, qui a pour thème cette année « Espace et durabilité ». Mais le message n’arrivera pas de si tôt, car TRAPPIST-1 et ses planètes se situent à 39 années-lumière de notre système stellaire. On n’est pas prêt d’obtenir une éventuelle réponse, qui devrait encore couvrir la distance en sens inverse. Mais avec sept planètes telluriques au moins, ce système est un bon candidat pour espérer que quelqu’un ou quelque chose soit présent pour retrouver notre bouteille à la mer cosmique.

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