À la recherche de l’endroit idéal : où donc la NASA implantera sa première base lunaire permanente ?

Une base permanente sur la Lune sera bientôt une réalité. Mais l’implantation d’une telle colonie ne se fait pas au hasard : encore faut-il trouver l’endroit idéal. Et l’enjeu crucial pour nous implanter quelque part reste toujours le même : il nous faut des sources d’eau.

C’est désormais une certitude : notre espèce fêtera bientôt son retour sur la Lune, et cette fois, ça sera pour y rester. La NASA a lancé en grande pompe le programme Artemis, dont le premier vol est prévu pour la seconde moitié de cette année, afin de tester son nouveau lanceur lourd SLS (Space Launch System), qui devra placer le nouveau vaisseau spatial Orion, sans équipage à bord, sur une trajectoire lui permettant d’atteindre la Lune. La première mission habitée est, elle, envisagée pour 2024, et une autre, l’année suivante, acheminera des astronautes sur la Lune.

À terme, l’agence spatiale américaine compte installer une station spatiale en orbite lunaire – dont la première pierre vient d’être lancé -, ainsi qu’une base permanente à la surface de notre satellite naturel.

L’endroit idéal pour s’installer

Mais encore faut-il trouver l’endroit idéal pour la résidence secondaire de l’humanité sur la Lune. Car il ne s’agira pas d’une simple caravane déposée dans le régolite, le cahier des charges est bien précis : le futur camp de base Artemis comprendra un rover non pressurisé pour transporter les astronautes en scaphandre sur de relativement courtes distances, un autre véhicule, cette fois pressurisé pour permettre des randonnées de longue durée loin de l’avant-poste, et enfin l’habitat de surface lui-même, qui pourra accueillir quatre êtres humains à la fois. Cet avant-poste de l’humanité nécessitera de nombreuses infrastructures telles que des communications, de l’électricité, un blindage contre les radiations, l’élimination des déchets et un espace de stockage, énumère le site spécialisé Space News.

Dans ce contexte, le choix de l’emplacement est essentiel, car la Lune n’est pas semblable partout. Et l’une de ses ressources s’avèrera vital pour tout établissement humain : l’eau gelée. Une ressource qui pourra être transformée en éléments essentiels, comme l’eau potable bien sûr, mais qui contribuera aussi à la production d’oxygène, ainsi que de propergol, le carburant pour fusées.

Les prospecteurs de glace

Afin de s’assurer que les futurs pionniers trouveront de la glace en abondance, les scientifiques cherchent une zone en permanence dans l’ombre ou PSR pour permanently shadowed regions dans le jargon de la NASA. Les PSR sont des zones situées près des pôles Nord et Sud de la lune qui ne reçoivent jamais la lumière directe du soleil et qui sont donc extrêmement froides, allant de -248 à -203 degrés °C. C’est là que la glace a des chances d’être la plus abondante.

Depuis 2009, Holly Brown et son équipe de l’École d’exploration de la Terre et de l’espace de l’université d’État de l’Arizona scrutent les données renvoyées par les différentes sondes lunaires afin d’identifier les meilleurs emplacements. Les chercheurs ont identifié huit PSR présentant le plus fort potentiel de ressources. Ils ont déterminé que le cratère Faustini, près du pôle Sud de la Lune, présente les plus fortes indications de glace d’eau. Le cratère Haworth, lui aussi au pôle Sud de la Lune, présente, lui, le plus grand tonnage de glace de surface. Quant au cratère Cabeus, situé à environ 100 kilomètres du pôle Sud, il présente le plus grand tonnage estimé de dépôts d’hydrogène souterrains. Enfin, les scientifiques ont découvert que les dépôts de glace souterrains sont probablement bien plus étendus que ce qu’on peut trouver en surface.

Cap au pôle Sud

Dans ce contexte, le pôle Sud de la Lune semble se présenter comme un lieu propice à une première implantation humaine. Mais l’eau ne suffit pas : les conditions idéales impliquent aussi des surfaces relativement planes pour pouvoir se déplacer, la lumière du soleil pour l’alimentation électrique et une communication en visibilité directe avec la Terre – et tous ces critères doivent être réunis à une distance pratique des dépôts de glace d’eau.

La NASA et les groupes commerciaux associés prévoient d’envoyer des atterrisseurs robotisés au pôle Sud qui se poseront probablement aux endroits les plus prometteurs, soit les zones qui sont éclairées pendant la majeure partie de l’année lunaire, afin de garantir l’approvisionnement en énergie. Bref, la base lunaire existera, c’est une certitude, mais on n’a pas fini d’envoyer des éclaireurs.

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