L’ONU s’oppose frontalement aux subventions publiques pour l’agriculture: 540 milliards, c’est beaucoup trop

La mauvaise gestion des subventions publiques destinées à l’agriculture a un impact significatif sur l’environnement, mais aussi sur l’Homme, selon un récent rapport de l’ONU.

À quelques jours du Sommet mondial des systèmes alimentaires organisé par l’ONU, trois de ses agences appellent les gouvernements à « réorienter » leurs soutiens publics à l’agriculture. Dans leur rapport commun intitulé Une opportunité de plusieurs milliards de dollars – Réorienter le soutien agricole pour transformer les systèmes alimentaires, la FAO (agriculture et alimentation), le PNUD (développement) et le PNUE (environnement) estiment que près de 90% des aides publiques à l’agriculture ont des effets environnements et sociaux négatifs.

Chaque année, ce sont 540 milliards de dollars de subsides publics qui sont attribués à l’agriculture. Or, 87% de ce montant génèrent des « distorsions de prix et son dommageable pour l’environnement et socialement », indique le rapport des trois agences de l’ONU.

Le soutien par les prix (des droits de douane, des subventions à l’exportation, des quotas à l’importation, des subventions pour les engrais et les pesticides, etc.) est particulièrement pointé du doigt dans le rapport. Les subventions aident surtout les grandes entreprises, au détriment des petits agriculteurs.

Ce type de soutien nuit à la santé puisqu’il favorise la surconsommation de viande dans les pays riches, mais aussi à la surconsommation d’aliments peu nutritifs dans les pays pauvres puisque, en raison des subsides qu’ils reçoivent, les agriculteurs des pays céréaliers ont tendance à ne pas diversifier leur culture vers des produits plus nutritifs.

Un impact environnemental

Les subventions budgétaires destinées aux agriculteurs peuvent avoir « un impact négatif sur l’environnement », assure Marco Sanchez, directeur adjoint de la FAO et auteur du rapport. Il estime que cela peut entrainer « une utilisation massive de produits chimiques, un appauvrissement des ressources naturelles et le développement de la monoculture ».

L’agriculture génère énormément de gaz à effet de serre suite à la déforestation pour augmenter les terres cultivables, au fumier, à l’utilisation de produits chimiques et à la combustion des résidus de récolte. Elle contribue donc grandement au réchauffement climatique. Or, une partie des agricultures ne sont pas nécessaires ou sont mal exploités, dans le sens où elles produisent trop, font chuter les prix et poussent à la surconsommation de certains produits.

 « Ce rapport est un appel au réveil pour que les gouvernements du monde entier repensent les programmes de soutien à l’agriculture afin qu’ils soient adaptés à l’objectif de transformer nos systèmes agroalimentaires et de contribuer aux quatre meilleurs : une meilleure nutrition, une meilleure production, un meilleur environnement et une meilleure vie », a déclaré Qu Dongyu, directeur général de la FAO.

« Les changements dans les régimes de subventions sont susceptibles d’être politiquement controversés et pourraient déclencher des protestations parmi les agriculteurs et d’autres groupes », a déclaré Gillespy, conscient des tensions à venir. « Mais ce n’est pas parce que c’est difficile que cela ne devrait pas arriver. Les faits sont désormais clairs. »

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