Les prix d’Uber pourraient grimper de 111% si ses travailleurs étaient requalifiés en employés

Isopix

Le modèle économique d’Uber est souvent remis en question. Et en Californie, la justice le considère même comme illégal. Les travailleurs doivent être requalifiés comme des employés et non comme des indépendants. Mais ce changement de statut imposerait une révision complète de la gestion financière de l’entreprise, qui se répercuterait directement sur les consommateurs.

Les travailleurs indépendants sont fortement avantageux pour l’entreprise. Il n’y a pratiquement aucuns frais à débourser pour eux. Ils gagnent en fonction de leur travail. S’ils ne travaillent pas, ils ne gagnent pas d’argent. Et s’ils ont un accident ou s’ils sont malades, ils paient tout de leur poche. Mais en tant qu’employée, l’entreprise doit financer des assurances et leur payer des congés. L’employeur est aussi taxé sur le salaire qu’il verse à son employé. Tout cela coûte cher.

Selon Bloomberg, les coûts commerciaux de l’entreprise devraient augmenter de 20 à 40% si les travailleurs étaient requalifiés en employé. Et cela aurait directement un impact sur le consommateur. Uber a annoncé que les prix des courses devraient grimper de 25 à 111% (en fonction de la zone de travail) pour couvrir ces nouveaux frais.  

Des prix plus élevés entraineront une plus faible demande, incontestablement. La société a estimé la baisse des voyages entre 23 et 59% des transactions actuelles. Mais cela aura pour conséquence d’augmenter à nouveau les prix. Et cela jusqu’à trouver un équilibre. Selon Uber, les grosses villes pourront maintenir des prix bas, mais les régions moins densément peuplées, avec une plus faible demande, subiraient plus fortement les effets négatifs de la nouvelle réglementation.

Impact pour les employés

La baisse de la demande et l’augmentation des coûts pour Uber auront un impact direct sur l’emploi au sein de l’entreprise. Les heures de travail seront regroupées sur un nombre limité d’employés qui devraient prester 40 heures par semaine. Uber explique qu’aujourd’hui la majorité des conducteurs travaillent beaucoup moins. En Californie, le nombre de travailleurs passerait de 209.000 à 51.000, soit une diminution de 79%, selon les estimations d’Uber. Et la plupart des emplois seront perdus dans les régions avec peu de demandes.

Uber, Lyft et d’autres entreprises du même type se rendent bien compte que le système n’est pas avantageux pour les travailleurs. Elles tentent donc de créer un nouveau type de contrat, à mi-chemin entre l’employé, avec ses garanties financières, et l’indépendant, qui jouit d’une certaine liberté sur ses heures de travail.