Uber et Lyft doivent requalifier leurs travailleurs en employés, ordre de la justice californienne

Isopix

La décision est tombée ce lundi : la Cour supérieure de San Francisco a annoncé qu’Uber et Lyft devaient reclassifier leurs travailleurs, actuellement indépendant, comme employé. La décision prendra effet dans 10 jours, les sociétés ont ainsi le temps de faire appel. Ce qu’elles feront, Lyft l’a déjà annoncé.

Les deux entreprises souffrent encore fortement de la crise. Les demandes ont chuté avec la pandémie. Selon la justice californienne, ce moment de crise, où ‘l’employeur est au plus bas’, est ‘le meilleur moment pour que les défendeurs modifient leurs pratiques commerciales afin de se conformer à la loi californienne sans causer d’effets négatifs généralisés sur leurs chauffeurs’.

Lyft a directement réagi à cette annonce en déclarant qu’il allait tout de suite faire appel. ‘Les conducteurs ne veulent pas être des employés, point final’, a affirmé la porte-parole, Julie Wood. Uber n’a pas encore réagi publiquement.

Nouvelle escalade

Cette décision de la Cour supérieure est une nouvelle escalade dans le conflit qui oppose les deux sociétés à la justice californienne. En mai dernier, l’État leur avait intenté un procès, arguant que Lyft et Uber enfreignaient la loi connue sous le nom d’AB-5. Cette dernière demande que les sociétés prouvent que les travailleurs ne sont pas contrôlés par l’entreprise pour être considérés comme indépendants.

En ne donnant pas le statut d’employé à leurs travailleurs, la justice californienne considère qu’ils ont été privés d’avantages, comme un salaire minimum, des heures supplémentaires, des congés de maladie payés et une assurance chômage’.

Proposition de loi

Pour ne plus être considérés comme illégaux, sans changer leur modèle économique, Uber, Lyft et DoorDash se sont cotisés pour faire une proposition de loi. Les travailleurs resteraient indépendants, en échange de certains avantages (assurance maladie, congés payés) qui seront offerts par l’entreprise. L’initiative doit toutefois encore être votée par les instances législatives étatiques.