Les marchés mondiaux ignorent totalement les derniers soubresauts de Donald Trump

Isopix

Les places boursières à travers le monde ignoraient jeudi les scènes de chaos au Capitole américain, envahi mercredi par des manifestants pro-Trump, préférant sourire à la percée démocrate au Sénat après une double victoire dans l’Etat de Géorgie.

Alors que l’indice parisien prenait 0,37% vers 10H20 (9H20 GMT), le Dax à Francfort gagnait 0,44% et Milan 0,03%. Parmi les grandes places européennes, seule Londres perdait du terrain (-0,23%), après un bon démarrage.

A Bruxelles, le Bel 20 prenait 0,41% après 11h. Les contrats à terme sur les trois principaux indices de Wall Street, Dow Jones, Nasdaq et S&P 500, pointaient de leur côté vers une hausse entre 0,46% à 0,55%. Le Dow Jones avait mercredi engrangé un nouveau record, malgré les violences.

Un peu plus tôt à Tokyo, l’indice Nikkei et le Topix ont clôturé en forte progression de 1,6%. Sur le marché du pétrole, le cours du pétrole WTI coté à New York pour livraison en février prenait 0,87% et le cours du Brent coté à Londres pour livraison en mars gagnait 0,63%, les deux cours évoluant au plus haut depuis février.

Côté devises, le dollar gagnait 0,32% face à l’euro. Les investisseurs dans le monde préféraient voir le verre à moitié plein jeudi matin au lendemain de scènes inimaginables à Washington. Malgré la violence des images, « c’est essentiellement une escarmouche politique », analyse auprès de l’AFP.

Les investisseurs ne se préoccupent pas du présent

Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque, pour justifier la réaction mutique des investisseurs. « Cela n’entraînera pas des conséquences du point de vue institutionnel », d’où le silence du côté des marchés, ajoute-t-il.

« Le marché l’interprète comme un non-événement, davantage comme un baroud d’honneur » avant le passage de témoin entre Donald Trump et Joe Biden prévu le 20 janvier, estime encore le spécialiste.

L’attention sera toutefois encore très grande jeudi sur les suites de cette révolte initiée par le président américain lui-même, dont les appels à protester ont galvanisé ses partisans. Ces derniers ont envahi le Capitole au moment même où se déroulait la certification de la victoire de M. Biden, finalement bouclée officiellement jeudi dans la matinée.

Les investisseurs préféraient porter leur attention sur le front politique, où les démocrates ont remporté mercredi une retentissante victoire en s’assurant le contrôle du Sénat grâce à deux élections partielles en Géorgie. Le président élu pourra de ce fait gouverner avec une plus grande marge de manoeuvre.