Les exportations de bière du Japon en Corée du Sud en octobre 2018 : 6 M€. Cette année : 0…

Une bière du Japon dans un bar asiatique
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Sapporo, Asahi, Coedo… Le Pays du Soleil levant est lui aussi un grand pays de la cervoise. La Corée du Sud est traditionnellement l’un de ses gros clients, absorbant à elle seule 60 % de ses exportations. En octobre 2018, elle lui avait importé 800 millions de yens (environ 6,6 millions d’euros) de bière. Mais le mois dernier, les ventes ont chuté pour atteindre… exactement 0 yen.

Les brasseurs ne sont pas les seuls affectés par ce boycott des Sud-Coréens. Au global, les exportations de produits alimentaires japonais ont baissé de 58,1 % en octobre. Les ventes de nouilles instantanées ont aussi été totalement annulées, quant au saké, les exportations ont baissé de 90 %.

Une guerre commerciale sino-coréenne

Le secteur agro-alimentaire japonais n’est pas le seul concerné : les constructeurs automobiles, et les fabricants d’appareils électroniques japonais sont aussi boudés par les consommateurs sud-coréens. Les exportations d’équipements utilisés dans les semi-conducteurs se sont aussi écroulées de 49 % le mois dernier. 

Ce boycott s’explique par la guerre commerciale que les deux pays ont débutée en juillet, lorsque Tokyo a décidé d’imposer des restrictions sur un certain nombre de composants exportés en Corée du Sud indispensables pour les fabricants d’électronique comme le géant sud-coréen Samsung.

Un peu plus tard, les tensions sont montées d’un cran lorsque le Japon a décidé de rayer la Corée du Sud – son troisième partenaire commercial, avec des exportations qui ont représenté 53 milliards de dollars l’année dernière – de la liste de ses partenaires commerciaux privilégiés. En représailles, la Corée du Sud lui a retourné la politesse. Des consommateurs et des commerçants sud-coréens ont décidé d’aller encore plus loin en appelant au boycott de tous les produits japonais.

La Corée du Sud attend des réparations du Japon

En réalité, la brouille a des racines plus profondes, et remonte au refus du Japon de se conformer au jugement d’un tribunal sud-coréen qui avait ordonné à Nippon Steel et Mitsubishi Heavy Industries de payer des compensations à des Sud-Coréens qui avaient été employés au titre de travailleurs forcés pendant la Seconde Guerre mondiale.

De même, de nombreuses Coréennes ont été conduites de force dans des bordels où elles ont été offertes en esclaves sexuelles aux soldats japonais, et la Corée du Sud réclame toujours des réparations pour ces abus. Les autorités japonaises rétorquent que ce différend a déjà été réglé en 1965, avec le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.