‘Les entreprises européennes ne reçoivent que les miettes de la nouvelle route de la soie’

La Chinese Belt and Road Initiative (BRI) ignore largement l’Union européenne. Afin de rester concurrente, l’Europe doit revoir sa législation en matière de concurrence, explique le dernier rapport de la Chambre de commerce européenne en Chine.

‘Les entreprises européennes se retrouvent avec seulement de petites miettes provenant des travaux de la BRI’, déclare Jörg Wuttke, président de la Chambre de commerce européenne en Chine. ‘Ils travaillent avec des processus d’approvisionnement non transparents. En outre, il y a une nette domination des « énromes entreprises d’État chinoises »‘. Le rapport se fonde sur une enquête menée auprès de 132 entreprises européennes basées en Chine.

‘Les entreprises chinoises qui ont accès aux marchés publics devraient être contraintes européens par l’Union européenne doivent opérer sous les mêmes restrictions que celles que les entreprises européennes connaissent en Chine. Si l’Union européenne ne joue pas un rôle actif et compétitif, la région risque de ne devenir qu’un marché périphérique à la fin des « routes eurasiennes’, préconise le rapport.

Les entreprises européennes ne sont actuellement que des acteurs de niche dans l’initiative ‘Belt and Road’, souligne M. Wuttke. Seulement vingt répondants semblent avoir répondu à des projets liés à l’initiative chinoise.

La nouvelle route de la soie

L’initiative « Belt and Road » est un plan d’investissement chinois visant à relier l’Europe à l’Asie. Cependant, selon la Chambre de commerce européenne, les entreprises européennes sont à peine mentionnées dans l’élaboration du plan.

Le gouvernement chinois a fait mettre en place des projets de construction dans plus de soixante pays au cours des sept dernières années. La Chine recherche un réseau de routes terrestres et maritimes avec l’Asie du Sud-Est, l’Asie centrale, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique.

Des entreprises déjà partenaires

‘Les entreprises européennes qui participent à ces projets sont généralement liées à des partenaires commerciaux chinois ou au gouvernement chinois’, indique le rapport. De plus, ils devaient généralement offrir une technologie ou une expertise spécifique que les partenaires chinois ne possédaient pas à l’interne.

‘Les grandes entreprises chinoises ont également établi un pouvoir monopolistique dans certains pays situés le long de ces routes’, affirme Wuttke. Pour ce faire, ils ont construit une infrastructure numérique avec des ensembles complets de logiciels et de matériel basés sur les normes chinoises. Ces entreprises ont également bénéficié d’une aide d’État chinoise importante, ce qui leur a permis de rivaliser avec leurs concurrents internationaux.

Les petits ne peuvent rivaliser

‘Les pays plus petits et moins développés qui ne sont pas en mesure d’établir leurs propres normes seront certainement soumis à une forte pression pour adopter les conditions chinoises’, souligne M. Wuttke.

L’Union européenne doit veiller à ce que ses propres entreprises se voient offrir davantage de possibilités. Pour ce faire, il faut réviser le droit européen de la concurrence. L’Union européenne doit également donner la priorité à ses propres initiatives en matière d’infrastructures, qui doivent offrir une alternative crédible aux projets chinois’, conclut le rapport.

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