Les cryptomonnaies s’invitent officiellement dans des milliers de fonds d’investissement

Nos voisins d’outre-Rhin semblent avoir sorti l’artillerie lourde en termes de placements financiers. Une nouvelle législation entrée en vigueur ce 1er juillet ouvre la porte des marchés cryptos à des centaines de milliards d’euros.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis ce jeudi, la nouvelle loi adoptée discrètement en avril dernier par le Bundestag, le parlement fédéral allemand, permet aux spezialfonds, ces fonds d’investissement restreints aux investisseurs institutionnels, d’allouer jusqu’à 20% de leurs portefeuilles aux bitcoin et autres altcoins. Cette ouverture réglementaire pourrait attirer jusqu’à 350 milliards d’euros de capitaux frais sur le marché des monnaies numériques, selon les experts consultés par le journal financier Börsen-Zeitung.
  • La Fondsstandortgesetz (loi sur la localisation des fonds) constitue une première pour ces importants acteurs financiers allemands, présents en nombre (4.000) et gérant un imposant montant d’actifs (plus de 1.800 milliards d’euros). À titre comparatif, rappelons que le bitcoin pèse actuellement 526 milliards d’euros en capitalisation de marché.
  • Cette manœuvre d’Allemagne, économie locomotive de l’Europe, pourrait marquer une évolution déterminante en faveur de l’adoption plus large de l’investissement crypto sur notre continent. Ces types de véhicules d’investissement sont attrayants pour les institutionnels, ils offrent une certaine flexibilité et se montrent moins exigeants en termes de liquidité, de diversification, de restrictions d’emprunt et d’effet de levier.
  • Le renforcement du cadre législatif, que les amateurs de bitcoin ont tendance à voir d’un mauvais œil, serait ici plutôt avantageux. Car les investisseurs institutionnels étrangers considèreront les placements allemands comme une méthode plus sûre de s’exposer aux monnaies digitales.
  • La nouvelle loi ne fait évidemment pas l’unanimité. Pour certains, à l’instar de l’association allemande des investissements alternatifs (Bundesverband Alternative Investments, BAI), cette formidable avancée aurait pu ne pas se limiter aux « fonds spéciaux » et s’étendre plus largement aux fonds d’investissement, afin de ne pas éloigner inutilement certains capitaux privés.
  • Pour d’autres, au contraire, ce nouveau cadre légal de la crypto détourne des flux financiers précieux qui auraient pu venir alimenter des investissements urgents en matière d’infrastructures, comme l’a fait remarquer la Fédération allemande de l’immobilier (Zentralen Immobilien Ausschuss, ZIA).
  • Ce n’est pas le premier signal favorable en provenance d’Allemagne, comme le rapportait CoinDesk. Dans un rapport peu remarqué du Forum économique mondial, la Deutsche Bank avait furtivement dévoilé en décembre 2020 son intention de proposer des services de dépositaire (custodian) et de courtage en cryptomonnaies à ses clients institutionnels.

Pendant ce temps-là en Belgique

Face à la « nature parfois trouble », à cet « outil idéal de criminalité », à la « demande énergétique monstrueuse », les banques belges ne semblent pas prêtes à entrer dans la danse des cryptos, à en croire les déclarations des quatre grandes enseignes KBC, ING, Belfius et BNP Paribas.

Les crypto-actifs semblent manifestement les exposer à plus de problèmes que d’opportunités commerciales, avec des enjeux réglementaires, de protection des données et de blanchiment d’argent. Pourtant les banquiers affirment comprendre l’engouement pour l’innovation technologique, et doivent d’ailleurs répondre à de très nombreuses demandes de leurs clients.

Et si KBC a évoqué son projet de créer son propre « coin », l’avenir nous démontrera s’il s’agissait de cryptowashing ou non. Le bancassureur a seulement annoncé s’intéresser de plus près aux monnaies numériques de banque centrale et envisager un token, à épargner (style prime de fidélité) et/ou utiliser dans des services limités (franchise d’assurance par exemple).

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