Le rédacteur en chef de The Lancet ne mâche pas ses mots contre la Belgique: ‘La plupart des 14.000 morts auraient pu être évités’

Richard Horton, rédacteur en chef de The Lancet.

Richard Horton était l’invité de la Commission spéciale Covid-19 de la Chambre. S’il se montre plutôt positif pour le futur, le rédacteur en chef de The Lancet n’en écarte pas moins les failles des autorités face au virus.

‘Tout comme au Royaume-Uni, le système politique belge a failli, il s’est planté. De ces 14.000 morts, la plupart auraient pu être évités’, a déclaré sans détour le rédacteur en chef de la revue scientifique The Lancet.

Il estime que les autorités n’ont pas pris au sérieux les données provenant de Chine en janvier dernier. ‘Si vous aviez lu nos rapports de l’époque, vous auriez mieux anticipé cette crise’.

Mais pour lui, en Belgique, c’est surtout dans la nature même de notre système politique que le bas blesse: ‘Ce système typiquement belge n’a pas été efficace. Des personnes ont perdu la vie à cause du système politique. Cela doit vous faire réfléchir.’

‘Un vaccin? Se faire aider par les communautés…’

Richard Horton a proposé une stratégie en plusieurs points. Au niveau des potentiels vaccins, pour le médecin de formation, ils ne sont pas une solution miracle. Mais ils entrainent le plus grand défi pour nos politiques : celui de convaincre les sceptiques. ‘Cela signifie qu’il ne faut pas afficher de divisions politiques. Car cela démontrerait que le sujet devient politique, alors qu’il est scientifique’. ‘Il faut faire confiance en la science, comme elle l’a tant de fois démontré par le passé’, a ajouté le directeur en chef.

Le scientifique plaide pour que le politique se fasse aider par ‘les communautés’, très efficaces selon lui pour faire passer un message. Les autorités doivent également se trouver un responsable de la communication pour expliquer l’utilité d’un vaccin. Sur ce point, c’est une chose qui est prévue dans la stratégie belge de vaccination.

Parmi ses autres priorités: une campagne de tests de masse avec un réseau de laboratoires suffisant, un investissement dans les soins de santé pour disposer d’un personnel suffisant, mais aussi une meilleure coordination mondiale. ‘On a vu 194 stratégies différentes se développer au début de la pandémie, ça ne peut plus arriver’. Il faut enfin agrémenter cette stratégie d’une bonne communication, ‘surtout à l’heure des réseaux sociaux et de la crise de l’information.’

Toute son intervention est à écouter ici.