Le G20 encouragé à voter le prolongement du moratoire sur la dette

EPA/LUKAS COCH

La Banque mondiale a joint sa voix vendredi au choeur réclamant une prolongation d’un moratoire sur la dette des pays les plus pauvres, ce vers quoi semblent s’acheminer les pays du G20 qui se réunissent virtuellement samedi.

Les grands argentiers du G20 doivent évoquer la prolongation en 2021 de ce moratoire qui a été décidé au printemps jusqu’à la fin 2020 et concerne 76 pays parmi les plus pauvres.

La toute nouvelle chef économiste de la banque mondiale, Carmen Reinhart, a jugé que ce geste était ‘utile’ mais que ‘malheureusement’, il n’avait ‘pas été aussi loin qu’on ne l’espérait’. Elle a souligné aussi que le secteur privé ne s’était toujours pas associé à cette initiative, ni certains Etats.

Le cas de la Chine

Pour elle, les Etats riches doivent faire plus pour inclure ‘une plus grande partie des marchés émergents, tout comme les pays en voie de développement’.

Elle a cité l’exemple de la Chine, qui n’est pas membre du Club de Paris – le cénacle où se discutent les aménagements de dette encourue auprès des Etats qui en sont membres – mais dont les prêts sont plus élevés que ceux de tous les membres du Club réunis. Mme Reinhart juge que Pékin n’est pas assez transparent ni en termes d’encours de la dette ni des montants effacés.

A l’instar de ses collègues du Fonds monétaire international, Mme Reinhart a souligné ‘le fossé qui sépare la pandémie de Covid qui fait rage’ et ses effets profonds sur l’économie et le comportement des marchés financiers dont l’optimisme et les valorisations ‘ne reflètent pas la crise économique dans laquelle le monde est plongé’.

Pour Mme Reinhart ‘la vraie reprise’ ne se matérialisera que dans ‘un futur distant’.