Le Danemark et le Costa Rica s’associent pour convaincre le monde de laisser les combustibles fossiles dans le sol

À quelques semaines des négociations sur le climat qui auront lieu en novembre prochain à Glasgow, la fameuse COP26, le Costa Rica et le Danemark cherchent à convaincre le plus de pays possible à stopper la production de pétrole et de gaz, combustibles fossiles qui alimentent le réchauffement climatique.

C’est justement parce qu’ils contribuent largement à la crise climatique que le Costa Rica et le Danemark tentent de mettre fin à leur production. Conscients du problème, les deux pays se sont alliés pour créer la première alliance pour promouvoir une transition progressive loin de l’approvisionnement non durable en pétrole et en gaz. Cette alliance sera officiellement lancée en novembre prochain, durant la COP26.

Le Costa Rica et le Danemark souhaitent en effet que le plus grand nombre de pays et de juridictions rejoigne la « Beyond Oil and Gas Alliance » dans le but d’établir une échéance pour la fin de la production de pétrole et de gaz. L’objectif premier est de faire en sorte de respecter l’Accord de Paris de 2015 qui vise à limiter le réchauffement climatique à moins de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels.

Or, pour les deux pays fondateurs du BOGA, le seul moyen de respecter cet accord est de stopper la production de pétrole et de gaz. Un avis corroboré par plusieurs recherches scientifiques. Pour parvenir à éviter les pires scénarios du changement climatique, les combustibles fossiles doivent rester dans le sol. « La science est claire. Nous ne pouvons pas négocier avec la nature », a alarmé Dan Jorgensen, ministre danois du climat, de l’Énergie et des Services publics, lors d’un webinaire en ligne organisé par l’Agence internationale des énergies renouvelables. « Il n’y a pas de scénario dans lequel nous brûlons tout le pétrole et le gaz que nous pouvons trouver et dans lequel nous restons en dessous de 2 degrés – et certainement pas de 1,5°C. Ce n’est tout simplement pas possible, nous devons donc arrêter. »

Le Danemark s’est fixé l’année 2050 pour stopper la production de pétrole et de gaz. Jusqu’au mois de décembre 2020, le pays était encore le plus grand producteur de pétrole de l’Union européenne. De son côté, le Costa Rica travaille actuellement sur un projet de loi qui empêchera définitivement l’exploitation de combustibles fossiles en son sein, afin de s’assurer qu’aucun futur gouvernement ne pourra le faire.

Tirer un trait sur une mine d’or

Le Danemark et le Costa Rica sont conscients que mettre un terme à la production de pétrole et de gaz serait une atteinte directe à l’économie des pays producteurs. Mais selon eux, c’est un mal pour un bien.

Outre le fait de ne plus pouvoir profiter d’une ressource naturelle d’énergie de son pays, rejoindre le BOGA impliquerait également d’arrêter de revendre cette ressource à d’autres pays. Or, la vente de combustibles fossiles est l’une des principales rentrées d’argent pour certains pays. Malgré cela, il est impératif de tirer un trait dessus pour le BOGA. Car, si plusieurs gouvernements se vantent de vouloir atteindre des émissions zéro d’ici 2050, ils sont nombreux à souhaiter poursuivre discrètement l’extraction et la vente de pétrole et de gaz à d’autres pays. C’est notamment le cas des États-Unis, du Canada, de la Norvège et du Royaume-Uni.

« Vous n’allez pas le brûler vous-même et vous pensez que les autres ne devraient pas non plus, mais vous gagnerez de l’argent en vendant du pétrole à d’autres pays ? Cela n’a pas de sens », a commenté le ministre danois.

Pour l’ancienne chef du climat des Nations Unies, Christiana Figueres, il existe aujourd’hui suffisamment de technologies énergétiques alternatives pour remplacer le pétrole et le gaz.

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