Le CEO de Ryanair: ‘Les lockdowns sont essentiellement un échec politique’

Michael O’Leary, CEO Ryanair. – Isopix

Les pertes de Ryanair ont atteint 197 millions d’euros au premier semestre de son exercice décalé achevé fin septembre 2020. Un an plus tôt, la compagnie aérienne irlandaise ‘low cost’ réalisait encore un bénéfice de 1,15 milliard.

Dans un communiqué, Ryanair fait notamment état d’une ‘chute de 80% du trafic’ aérien, suite à la pandémie de nouveau coronavirus, et rappelle que ‘99% de sa flotte a été immobilisée de mi-mars à fin juin’. En conséquence, le chiffre d’affaires de la compagnie s’est effondré de 78%,  à 1,18 milliard d’euros.

‘Il est clair que le transport aérien est en première ligne durant cette pandémie… Et nous pensons que la seule façon de s’en sortir est que les gouvernements, britannique, irlandais et européens introduisent des tests avant le départ’, a déclaré le CEO de Ryanair, Michael O’Leary, à CNBC.

Si l’activité de la compagnie aérienne avait pu être partiellement être relancée durant le second trimestre de son exercice décalé, les récentes mesures de reconfinement décidées par de nombreux pays européens promettent des semaines, voire des mois difficiles à Ryanair. Une situation dénoncée par Michael O’Leary.

‘Nous aurions pu éviter un deuxième confinement’

‘L’OMS (l’Organisation mondiale de la santé, NDLR) a elle-même confirmé que les lockdowns devaient être une option de dernier recours, les lockdowns sont essentiellement un échec’, a-t-il déclaré. ‘Si nous avions eu des dispositions plus agressives en matière de tests et de traçage, ou comme Boris Johnson (le Premier ministre britannique, NDLR) l’avait promis des tests et un traçage de classe mondiale, ce qui n’est clairement pas le cas au Royaume-Uni, nous aurions pu éviter un deuxième confinement.’

‘Il s’agit d’une mauvaise gestion politique à grande échelle’, ajoute Michael O’Leary, dans des propos rapportés par l’agence Bloomberg.

À des degrés divers, la Belgique, le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Autriche, le Portugal, la Grèce ou encore l’Allemagne ont à nouveau mis en place des mesures de confinement.

Ryanair s’attend donc à ce que ‘l’année entière continue à être extrêmement difficile’ et prévoit désormais une ‘plus grosse perte au deuxième semestre qu’au premier’. La compagnie ‘low cost’ espère toutefois par la suite ‘capitaliser sur les nombreuses opportunités de croissance qui seront disponibles, particulièrement là où les compagnies concurrentes ont tranché dans leurs capacités ou fait faillite’.