L’Allemagne s’engage à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine (quelques semaines après avoir vendu une partie de son plus grand port)

Le chancelier allemand Olaf Scholz a promis de rendre son pays moins dépendant de pays comme la Chine. C’est assez frappant, car l’Allemagne a vendu une partie de son plus grand port il y a quelques semaines, ce qui lui a été abondamment rapproché par les États-Unis et ses partenaires européens.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis le début de la guerre en Ukraine, il est devenu douloureusement clair que l'Europe est très dépendante de la Russie en termes d'énergie. Aujourd'hui, le continent tente fébrilement de réduire cette dépendance. Mais notre dépendance de la Chine est sans commune mesure.

L’essentiel : Olaf Scholz a déclaré à la chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag, que le pays devait réduire sa dépendance « unilatérale » à l’égard de pays comme la Russie et la Chine, rapporte Reuters.

  • Depuis le début de la guerre en Ukraine, le pays cherche d’autres fournisseurs de combustibles fossiles. De cette façon, elle veut devenir moins dépendante de la Russie.
  • Il semble y parvenir pour l’instant. En novembre, par exemple, l’Allemagne a annoncé qu’elle avait construit un terminal capable de recevoir du gaz naturel liquéfié en 200 jours seulement. C’était un signal fort indiquant que la transition sera plus rapide que ce que l’on craignait initialement.
  • « L’erreur d’une trop grande dépendance comme avec la Russie ne se reproduira pas », a déclaré M. Scholz mardi lors d’un forum organisé par le Sueddeutsche Zeitung,
  • Mardi, le ministre de l’Économie du pays, Robert Habeck, a déclaré que l’Allemagne allait également essayer de devenir moins dépendante de la Chine. Elle offrira moins de soutien aux pays qui font des affaires dans l’Empire du Milieu.

Mais : la Chine est depuis six ans le premier partenaire commercial de l’Allemagne, ce qui pourrait rendre la situation assez difficile.

  • La Chine a volé la place des États-Unis comme premier partenaire commercial de l’Allemagne : elle représente 10% des 2.600 milliards du commerce extérieur de notre grand voisin.
  • Les entreprises allemandes exploitent un grand nombre d’usines en Chine. Entre autres, les géants de l’automobile Volkswagen et BMW produisent des voitures dans le pays. Pas moins de 4,3 millions d’unités ont été produites en Chine en 2021.
  • Tous secteurs confondus, environ 1,1 million d’emplois allemands, soit 2,4 % du total, dépendent directement de la consommation chinoise, selon l’Institut économique allemand (IFO).
  • De l’autre côté, la Chine investit beaucoup d’argent en Allemagne. En octobre dernier, la société chinoise Cosco a pris une participation dans le port de Hambourg, le plus grand port du pays.
  • Un certain nombre de ministres allemands se sont opposés avec véhémence à l’accord. Marcel Fratzscher, directeur de l’Institut allemand de recherche économique (DIW), a révélé à l’époque que le gouvernement allemand commettait la même erreur que les gouvernements précédents. L’Allemagne aurait privilégié « les intérêts économiques à court terme au détriment de la prospérité et de la stabilité à long terme ».
  • Sur les six premiers mois de l’année, les importations allemandes en provenance de Chine ont grimpé de 45 % en valeur.
  • Enfin, Scholz, accusé d’être l’idiot utile de la Chine, a été confronté à une opposition encore plus forte après sa visite en Chine. Il s’agissait de la première visite d’un dirigeant démocratique dans le pays depuis le début de la pandémie. Au cours de cette visite, le chancelier allemand était accompagné des PDG de plusieurs grandes entreprises telles qu’Adidas et BMW.
  • La vérité est que l’Allemagne, en tant que grande économie exportatrice, n’a pas le choix : elle dépend de la mondialisation et donc forcément de la Chine, le plus grand marché du monde.

BL

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