La Turquie et le Qatar de retour en Afghanistan, à l’invitation des talibans

Turcs et Qataris sont déjà de retour sur l’aéroport de Kaboul, avec pour objectif de le reconstruire. Et les Chinois tiendraient les cordes de la bourse selon les talibans, qui espèrent remettre le pays en marche grâce à ce genre d’aide internationale.

C’est comme un vent de « normalisation » qui souffle depuis une semaine dans les principales assemblées mondiales face à la prise de pouvoir des talibans : il va bien falloir s’accommoder des « étudiants en religion », et même se montrer accommodant avec eux. Parmi les pays de l’Otan, c’est la Turquie, via son allié le Qatar, qui a pris les devants et qui est déjà de retour en Afghanistan. Rappelons que la Turquie avait participé aux grandes opérations d’évacuation du mois dernier.

Objectifs : sécurité et confiance

Alors que le dernier soldat américain quittait Kaboul le 31 août, dès le lendemain atterrissait un avion militaire qatari transportant une équipe technique chargée d’aider à la réouverture de l’aéroport. Et le 2 septembre, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a affirmé que « Ankara évaluait les plans de réouverture de l’aéroport de Kaboul. La sécurité doit être établie de manière à ce que tout le monde ait confiance. Nous avons fait part de nos réflexions à ce sujet aux talibans. Maintenant, les talibans et certains pays demandent à coopérer avec nous. Nous évaluons tout cela. »

Aide humanitaire contre minerai

Ce sont les nouveaux maîtres de Kaboul eux-mêmes qui ont demandé cette assistance étrangère, car l’aéroport de la capitale afghane est pour eux vital afin de relancer exportations et importations, et en particulier l’aide humanitaire dont le pays risque d’avoir grand besoin d’ici les prochains mois. Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a déclaré au quotidien italien La Repubblica qu’il espérait voir le trafic aérien reprendre normalement dans le courant du mois de septembre.

Celui-ci n’a pas non plus fait mystère du rôle de l’Empire du Milieu sur ce chantier: « La Chine est notre principal partenaire et représente pour nous une opportunité fondamentale et extraordinaire car elle est prête à investir et à reconnaître notre pays. Nous sommes très attachés au projet des ‘nouvelles routes de la soie’. Nous avons aussi des mines de cuivre qui, grâce aux chinois, vont pouvoir reprendre vie et se moderniser. Enfin, la Chine est notre passeport vers les marchés du monde entier. »

Pour aller plus loin :

Plus
Lire plus...
Marchés