La police belge a finalement bien utilisé un logiciel controversé de reconnaissance faciale

L’utilisation de la reconnaissance faciale n’est pas autorisée en Europe, et ce, tout simplement parce qu’aucun cadre préétabli ne permet d’assurer un respect proportionné à la vie privée des citoyens. Plusieurs pays – dont la Belgique – ne se sont pourtant pas gênés pour y avoir recours, en toute illégalité.

L’année dernière, le porte-parole de la police fédérale nous avait assuré que le très controversé logiciel de reconnaissance faciale Clearview n’avait pas été utilisé par les services des forces de l’ordre nationales, après que celui-ci a été piraté et que la liste de ses clients fut dévoilée. Une version réitérée en août dernier. Et pourtant, ce fut finalement bel et bien le cas.

En commission parlementaire, la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, a en effet reconnu que le logiciel avait été utilisé dans le cadre d’une réunion avec Europol par deux détectives, en dehors de tout cadre légal, rapporte Le Soir. C’est en effet les conclusions auxquelles est parvenu le COC, l’Organe de contrôle de la police qui s’assure que l’information policière se fait dans le cadre de la légalité.

La ministre a souligné que l’utilisation du logiciel résultait de l’initiative illégale et isolée de deux détectives, mais que la police fédérale n’utilisait pas et n’avait pas l’intention d’avoir recours à Clearview AI, en raison du fait que le cadre juridique belge ne l’y autorisait pas.

Clearview, un logiciel controversé

Ce serait le FBI qui aurait présenté le logiciel aux policiers belges lors d’une réunion Europol. Son recours aurait d’ailleurs été limité à de simples tests – Clearview offre une période d’essai de 30 jours –, sur base des photos des policiers. Pourtant, selon les révélations de BuzzFeed, qui a pu accéder à la liste des clients du logiciel, la police belge en faisait bien partie. Elle aurait d’ailleurs réalisé entre 100 et 500 perquisitions grâce au logiciel.  

Le logiciel Clearview propose de comparer le portrait d’un individu à sa base de données qui rassemble plus de 3 milliards de photos collectées sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et LinkedIn. C’est grâce au « web scraping » que la société est parvenue à se constituer une base de données aussi conséquente. Cette pratique consiste à récolter de manière automatisée les informations accessibles publiquement sur les réseaux sociaux et à les rassembler dans un document. Si officiellement la méthode n’est pas illégale – mais illicite -, l’utilisation prévue de cette base de données peut l’être. L’Union européenne cherche d’ailleurs à savoir si Clearview ne viole pas le règlement général sur la protection des données (RGPD).

Encadrer le recours à ce type de technologie dans les lieux publics est également sur la table de la Commission européenne.

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