La hausse des prix du pétrole ne se répercute pas qu’à la pompe: tout, ou presque, va devenir plus cher

Depuis quelques semaines, les prix du pétrole ne cessent d’augmenter, atteignant des sommets qu’on n’avait plus vus depuis trois ans. Conséquence immédiate: les prix de l’essence et du diesel s’envolent. Mais il ne s’agit pas de la seule mauvaise nouvelle pour votre portefeuille, loin de là.

Le baril de Brent a dépassé les 85 dollars en séance ce vendredi. Une première depuis plus de trois ans.

Inévitablement, les prix du carburant augmentent en conséquence. Ce vendredi, un litre d’essence 95 (E10) coûtait 1,7190 euro le litre au maximum à la pompe, soit une hausse de 3 centimes. L’essence 98 (E5) coûtait, elle, 1,8090 euro le litre, soit une hausse de 2,5 centimes. Quant au diesel (B7), il a augmenté de 2,1 centimes, à 1,7350 euro le litre au maximum.

Bien sûr, les automobilistes vont le sentir passer. Mais la hausse des prix du pétrole va faire mal bien au-delà du passage à la pompe. Nous sommes englués dans une « tempête parfaite », selon les termes de Rob Handfield, professeur de gestion de la chaîne d’approvisionnement à l’université d’État de Caroline du Nord, interrogé par NBC News.

Scénario catastrophe ?

Les experts sont unanimes: la flambée des prix du pétrole va affecter quasiment tous les pans de l’économie. Les combustibles fossiles (les prix du gaz naturel grimpent également) et leurs sous-produits sont profondément ancrés dans le tissu économique et dans nos habitudes du quotidien.

Qui dit carburant plus cher, dit coûts de transport plus élevés, pour bon nombre de marchandises. « Il y a un effet de retombée de la hausse des prix du pétrole et de toutes les autres industries qui en subissent les conséquences », souligne le professeur Handfield. Forcément, cela se répercutera sur les prix que paieront les consommateurs.

L’analyste est particulièrement inquiet vis-à-vis des denrées alimentaires. Elles vont être, selon lui, soumises à une « triple pression inflationniste »:

  • Les dépenses relatives au transport des denrées alimentaires vers les magasins vont augmenter
  • L’agriculture dépend des combustibles fossiles pour la production d’engrais. Conséquence: les coûts de production des cultures et des aliments pour animaux vont augmenter.
  • Les granulés plastiques, utilisés pour de nombreux types de sacs, films et autres matériaux d’emballage en plastique, sont dérivés du pétrole. Leur prix va donc là aussi s’envoler.

Selon le professeur, cette tendance risque de se poursuivre pendant un bon bout de temps. « Je ne pense pas que nous verrons un quelconque soulagement avant 2023. Ce n’est pas une perturbation à court terme – c’est un problème problématique qui ne va pas disparaître avant un certain temps », a-t-il prévenu.

Plus tôt cette semaine, Goldman Sachs a livré les mêmes prédictions. Son responsable de la recherche sur l’énergie, Damien Courvalin, a indiqué que le marché pétrolier était dans « le plus long déficit que nous ayons vu depuis des décennies ». Sa banque pense que le Brent évoluera autour des 85 dollars le baril lors des prochaines années.

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