La France menace les États-Unis de représailles en cas de sanctions pour sa taxe GAFA

La France a averti les États-Unis qu’ils feront face à des représailles de la part de l’UE s’ils tentent d’imposer des tarifs commerciaux ‘hautement disproportionnés’ en réponse à leur taxe numérique sur des entreprises comme Google et Amazon.

C’est dans une lettre au représentant américain du commerce Robert Lighthizer que le ministre français des Finances Bruno Le Maire a choisi de faire part de ses intentions, rapporte le Financial Times. Il y déclare que ‘si les États-Unis décidaient d’imposer des sanctions commerciales contre l’UE à propos de la taxe française sur les services numériques, cela affecterait profondément et durablement la relation transatlantique à un moment où nous devons rester unis.’

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Il ajoute que la France est actuellement ‘en contact avec la Commission européenne et les autres Etats membres de l’UE sur ce sujet’ et ils ‘envisagent les différentes options pour défendre nos droits commerciaux de manière proportionnée et déterminée, comme nous l’avons fait par le passé.’

Vengeance d’une vengeance

Bruno Le Maire doit encore rencontrer mardi le commissaire européen au commerce Phil Hogan au sujet de ces possibles représailles en cas de droits de douane imposés par les États-Unis… Eux-mêmes une vengeance contre la taxe GAFA française.

Le représentant américain au commerce Robert Lighthizer tiendra le même jour une audition publique concernant les tarifs proposés en sanction à cette taxe. Les groupes technologiques américains devraient s’opposer aux importateurs de biens français et de l’UE touchés par cette imposition supplémentaire.

Une guerre commerciale transatlantique

Mais si aucun des deux camps ne met de l’eau dans son vin, ce conflit pourrait bien prendre des tournures de guerre commerciale transatlantique élargie. L’Italie devrait en effet introduire une taxe équivalente plus tard cette année, tout comme le Royaume-Uni, l’Autriche et la Turquie… entre autres. Et tant pis pour les menaces de sanctions américaines.

Bruno Le Maire en a également profité pour tenter d’apaiser la paranoïa américaine: non, la taxe actuelle ne discrimine pas les entreprises numériques américaines. Oui, elle est conforme aux règles de l’OMC et elle sera retirée quand un accord sur une taxe internationale aura été signé avec l’OCDE.

Il va même plus loin et demande aux autorités américaines de ‘suspendre leurs procédures et cesser d’envisager des tarifs unilatéraux qui ne sont ni justifiés, ni proportionnés, ni adéquats pour traiter cette question.’ Bon, pas sûr que ce soit la bonne manière de demander quelque chose à Donald Trump, mais il aura essayé.

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