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La Chine se défait discrètement de sa dépendance au dollar

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Économie

18/11/2019 | Audrey Duperron | 5 min de lecture

EPA/MARK

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis augmente le risque de déconnexion financière entre les deux plus grandes puissances. La Chine, qui est très exposée au dollar, a déjà commencé à diversifier ses réserves en devises étrangères pour réduire sa dépendance au dollar. Au mois de juillet, les réserves chinoises en devises s’élevaient à 3100 milliards de dollars.

C’est ce que rapporte l’institut de recherche ANZ. Ainsi, le gouvernement américain envisage de retirer des actions de firmes chinoises de la bourse des États-Unis. En conséquence, la Chine pourrait accélérer la diversification de ses réserves en devises étrangères, affirme ANZ.

La Chine revend ses bons du Trésor américains

En juin, la part du dollar dans les réserves de change chinoises était évaluée à environ 59%. La Chine pourrait donc la diluer encore davantage, en intégrant des livres sterling, ainsi que des yen et des euros.

Mais la Chine a aussi commencé à réduire drastiquement son portefeuille de bons du Trésor américains. Jusqu’au mois de juin, le pays était encore le premier bailleur de fonds des Etats-Unis. Il détenait 1110 milliards de dollars d’obligations du Trésor américain lorsque le Japon l’a surpassé en achetant 21 milliards de dollars, ce qui a porté le portefeuille de ce dernier à 1120 milliards de dollars. 

Depuis lors, la Chine a revendu pour 88 milliards de dollars de bons du Trésor. En revanche, l’Empire du Milieu a fortement augmenté ses réserves d’or, qui ont atteint le niveau record de 1957,5 tonnes en octobre. 

Les « shadow reserves »

Mais l’économie de la Chine demeure très fortement exposée au dollar. Les entreprises du pays ont une dette en devises étrangères se montant à 500 milliards de dollars, dont la majeure partie est exprimée en dollars. Le président Xi Jinping souhaite que son pays s’ouvre davantage à l’international, et la “dédollarisation” de son pays est un élément clé de cette politique. 

C’est ce qui a motivé l’Empire du Milieu à se doter de “shadows réserves”, c’est à dire, à investir dans des actifs alternatifs à l’étranger. Ces actifs consistent en des prises de participations, mais aussi des prêts, souvent octroyés dans le cadre de l’initiative Belt and Road. 

Une étude d’ANZ montre que le géant asiatique a effectué ces investissements au travers de plusieurs véhicules d’investissement tels que les sociétés d’État et les banques, ainsi que par le biais de fonds cogérés avec d’autres pays.

La State Administration of Foreign Exchange, un fonds chargé de gérer les réserves en devises chinoises, s’appuie ainsi sur ses 4 “jambes” pour effectuer ces investissements  (Huaxin à Singapour, Huaou à Londres, Huamei à New York et Hua’an à Hong Kong). Ces entités sont en lien avec d’autres organismes offshore qui investissent dans les actions de firmes étrangères en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

La Chine a également injecté des capitaux dans des banques régionales, et troqué des prêts contre des actions. L’ANZ estime que ces placements se montaient à 1860 milliards de dollars en juin 2019.

La « dédollarisation » se poursuit

Le dollar conserve son statut de “monnaie de réserve”, et près de 58 % des réserves de change mondiales sont exprimées en dollars. De même, 40% de la dette mondiale est en dollars. Cependant, de plus en plus de pays veulent remettre cette suprématie en cause, et Pékin en particulier souhaite que le yuan joue un plus grand rôle. La “dédollarisation” devrait donc s’intensifier encore davantage.


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