Face à la censure du Kremlin, les Russes se tournent vers les VPN, mais Moscou n’est jamais très loin

Alors que leur soif d’information libre est obstruée par la censure de plus en plus pressante de Moscou, les Russes – principalement les jeunes – se tournent vers les VPN pour contourner les restrictions sur la toile et accéder à des nouvelles qui ne proviennent pas du pouvoir.

Bien avant le début du conflit en Ukraine, l’information diffusée en Russie était fortement contrôlée par Moscou, mais cela a empiré avec la guerre. Désormais, les principaux réseaux sociaux – Facebook est totalement bloqué, alors que Twitter est restreint – et plusieurs sites d’actualité occidentaux sont inaccessibles en Russie pour cause de « campagne de désinformation », car la guerre se déroule aussi sur la toile. Une situation qui a poussé de nombreux Russes à se tourner vers les réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner la main mise du Kremlin et obtenir de l’information qui n’est pas contrôlée par l’État.

Une solution utilisée dans de nombreux pays où la censure règne

Les VPN sont monnaie courante dans les pays où le pouvoir contrôle les médias et l’information. Ils permettent de masquer son identité sur la toile – son adresse IP –, ainsi que son emplacement pour contourner les règles en vigueur dans le pays. De cette manière, les utilisateurs peuvent prétendre être en France ou en Espagne et accéder à l’ensemble du web libre et donc, aux informations.

Depuis le 24 février, jour du début de l’invasion en Ukraine, l’App Store et le Google Play ont enregistré 6 millions de téléchargements de VPN en Russie, selon les données de SensorTower compilées pour CNBC, soit une augmentation de 1500% pour les 10 VPN les plus populaires par rapport à la quinzaine précédente.

« Une augmentation aussi rapide signifie que les personnes vivant en Russie recherchent activement des moyens d’éviter la surveillance et la censure du gouvernement », a déclaré à CNBC un porte-parole de Surfshark, une société de services VPN. Une hausse significative a été enregistrée à la suite du blocage de Facebook en Russie.

La Russie renforce sa mainmise

« Les installations d’applications VPN continueront probablement d’augmenter à mesure que les restrictions s’intensifient. Pour le moment, des places de marché telles que l’App Store d’Apple et Google Play sont toujours disponibles, mais cela pourrait très bien changer à l’avenir », prévenait un porte-parole de SensorTower à CNBC. Et il avait vu juste puisque Moscou a forcé Google à bloquer les adresses qui pointaient vers des VPN.

L’objectif du Kremlin est évidemment d’empêcher les Russes d’accéder à des informations prohibées qui pourraient mettre à mal la version officielle de l’État concernant l’avancement de la « dénazification » de l’Ukraine – parler de « guerre » en Ukraine est interdit en Russie.

Moscou en a tout à fait le droit puisque, depuis une loi signée en 2017, l’État est autorisé à bloquer librement n’importe quel outil permettant de masquer ou de délocaliser son adresse IP.

En réponse aux agissements de la Russie, Twitter a lancé une version spéciale de son site sur Tor, un service qui crypte le trafic Internet pour aider les utilisateurs à masquer leur identité durant leur surf. Une manière pour la plateforme de permettre à la population russe connectée de continuer à s’informer en dehors des médias officiels du Kremlin.

De son côté, Meta autorise les appels à la violence contre les troupes russes attaquant l’Ukraine, ainsi que les messages appelant à la mort du dictateur russe Vladimir Poutine. L’entreprise de Mark Zuckerberg modifie donc sa politique en matière de discours de haine et d’appel à la violence pour ce contexte en particulier. Les messages appelant à s’en prendre physiquement aux Russes ne sont en revanche pas autorisés.

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