Comment refroidir la Terre artificiellement ?

Le changement climatique devient une menace pour l’agriculture mondiale, entre autres – Konrad K./Sipa Press

L’année 2020 est l’année la plus chaude jamais enregistrée (ex aequo avec 2016). De plus en plus de pays se rendent compte des changements climatiques et travaillent maintenant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Et bien que la neutralité carbone pourrait sauver la Terre, les scientifiques réfléchissent depuis plusieurs années à des alternatives pour refroidir notre planète artificiellement.

Ces solutions artificielles auraient pour but non pas de réduire les causes humaines du réchauffement climatique, mais d’agir sur des facteurs extérieurs comme les rayonnements solaires.

Les recherches sur ces méthodes sont de plus en plus courantes et financées. Pour certains experts, une simple réduction de la pollution humaine ne parviendra pas à éviter aux températures de dépasser les niveaux létaux pour une grande partie de la biodiversité. Mais ces solutions cachent généralement des conséquences tout aussi dramatiques pour la planète.

Reproduire une énorme éruption volcanique

La solution la plus connue serait d’injecter du soufre dans la stratosphère pour créer une barrière aux rayonnements du soleil. Cette technique reproduirait en quelque sorte de grandes éruptions volcaniques, qui ont expulsé d’énormes quantités de soufre et de cendres dans l’atmosphère. En 1991, l’éruption du Pinatubo a provoqué une baisse de la température mondiale de 0,5°C.

Scientifiquement, il est donc certain que cette technique aurait un impact sur la température de la Terre. En injectant du soufre dans la stratosphère – une couche très stable de l’atmosphère – une sorte de pellicule composée de toutes fines particules se formerait. Elle diffuserait la lumière du soleil et réfléchirait une partie des rayons, explique Futura-Science.

Toutefois, cela pose presque plus de problèmes que cela n’en résout. Cette méthode aurait un impact sur la météo et, par conséquent, sur l’agriculture et la vie de certaines populations. En 1815, l’éruption du Tambora avait été tellement puissante qu’elle avait provoqué une année sans été. Sans soleil, de nombreuses cultures n’ont pas pu se développer et de terribles famines ont frappé le monde.

En outre, les moussons pourraient être modifiées, provoquant des sécheresses à certains endroits particulièrement dépendants de ces pluies saisonnières, mais aussi des inondations dans d’autres régions, inhabituées à ces précipitations. Le coût humain et financier serait énorme, les dégâts des catastrophes naturelles en Asie l’ont déjà démontré.

Cette solution n’est, de plus, pas permanente. Le répit ne durerait que quelques années, tout au plus. Si le monde n’a pas réussi à agir sur les sources humaines du réchauffement climatique, une nouvelle injection serait envisagée, provoquant ainsi encore plus de désastres.

Ensemencer les nuages

Une méthode de ce genre existe déjà en Chine, bien que le but ne soit pas une baisse du réchauffement climatique. L’idée est de pulvériser de l’acide sulfurique, mais cette fois-ci à plus basse altitude, pour créer des nuages plus brillants, qui réfléchiront les rayonnements du soleil.

Cette technique peut être utilisée à une échelle plus locale, pour couvrir seulement une région du monde. Mais elle aurait des impacts ailleurs. En modifiant ainsi la météo, les impacts sur l’agriculture des régions avoisinantes seraient inévitables. Tout comme pour l’alternative précédente, créer des nuages aurait un important coût humain.

En outre, il faudrait envoyer une quantité importante d’acide sulfurique pour protéger la planète, et cela aurait pour effet d’agrandir le trou dans la couche d’ozone, qui est loin d’être une bonne idée.

Créer un immense parasoleil

Bien moins chimique, cette idée cherche également à agir sur les rayonnements du soleil, mais grâce à une protection matérielle. La technique demande en effet de construire autour de la Terre un énorme mur de verre ou composé de miroirs.

Outre le fait que la température mondiale devrait diminuer, les conséquences sur le climat sont peu connues. Le coût serait toutefois tellement exorbitant que ce projet a peu de chance de voir le jour.

Geler la banquise

Les scientifiques réfléchissent aussi aux possibilités pour éviter l’élévation du niveau des mers. Le physicien Steven Desch pense qu’il serait possible d’extraire l’eau des océans pour arroser les glaciers en hiver. Ils pourraient ainsi geler et reprendre de l’ampleur. La fonte des glaces ne serait plus un problème puisque la glace créée l’hiver fondrait en été, sans toucher aux glaciers millénaires.

Toutefois, cela demande un impressionnant investissement, car il faudra produire de l’énergie pour pomper l’eau, la dessaler, la pulvériser et recommencer cela chaque année. En outre, cela n’agirait que sur une seule des conséquences du réchauffement climatique et cela ne le freinerait pas.