Le programme chinois de contrôle de la météo: outil agricole ou véritable arme de guerre?

La Chine a annoncé qu’elle projetait d’étendre son programme expérimental de contrôle de la météo sur une surface de plus de 5,5 millions de km², soit plus de la moitié de son territoire.

Le but de cette technologie est de pouvoir modifier la météo en fonction des besoins. Dans le cas de la Chine, il s’agira à court terme de pouvoir faire tomber la pluie ou la neige quand elle le souhaite. Certaines zones seront aussi protégées de la grêle. Dans la pratique, cela permet d’aider à l’extinction de feu de forêt, de faire face à la sécheresse ou encore d’aider les agriculteurs. La Chine a déjà utilisé ce programme à des fins diplomatiques. Avant les Jeux olympiques en 2008, elle avait amené la pluie dans la capitale pour réduire le smog et éviter la pluie lors des événements, explique CNN.

La Chine n’est pas le seul pays à investir dans des recherches pour l’ensemencement des nuages. Les États-Unis et 51 autres pays projettent de se lancer dans de tels programmes. La technique n’est pas nouvelle. Le principe est de relâcher certains gaz dans l’atmosphère, comme de l’iodure d’argent, afin que les vapeurs d’eau se rassemblent pour former des nuages et ensuite de la pluie.

Inde

Toutefois, la Chine investit énormément d’argent dans ce programme : 1,34 milliard de dollars entre 2012 et 2017. Et cela inquiète l’Inde, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le pays frontalier à la Chine est énormément dépendant des moussons pour son agriculture. Le réchauffement climatique a déjà perturbé la saison des pluies qui devient de moins en moins prévisible. Le contrôle chinois du climat pourrait aussi rendre le climat encore moins propice à l’agriculture indienne.

Ensuite, la Chine et l’Inde sont embourbées dans un conflit sur certaines frontières. En mai dernier, des affrontements ont éclaté faisant plusieurs morts. L’Inde craint que l’outil de contrôle météorologique chinois puisse être utilisé à des fins militaires, par exemple pour aider les mouvements de troupes dans les montagnes.

Enfin, les modifications de la météo, sans coordination avec les autorités des pays voisins impactés par le programme, pourraient être la source de nouveaux conflits. Les Chinois pourraient alors être accusés d’être des ‘voleurs de pluie’.

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