Ce tissu français tue 99% des bactéries : le sauveur des transports en commun ?

Image d’illustration (Isopix)

Les transports en commun ont perdu en popularité avec la crise du Covid-19. Même si le port du masque est obligatoire, les navetteurs ont peur d’être infectés dans le train, le bus ou le métro en touchant des objets contaminés par un autre usager. Une firme française pense avoir la solution pour faire revenir la population vers les transports en commun.

Cette firme s’appelle Trajet-Aunde et travaille depuis 5 ans sur un tissu autonettoyant. Selon l’entreprise, il serait efficace pour tuer ‘99,99% des virus, microbes et bactéries’. Mais comment est-ce possible ? Le tissu, en velours, est imbibé d’un produit – dont la composition est gardée secrète – qui va s’oxyder au contact de rayons UV venant d’une lumière naturelle ou artificielle. Petit plus: cette réaction chimique détruit aussi les germes et virus dans l’air ambiant.

Le but initial était d’offrir des sièges toujours propres aux passagers, qu’ils prennent les transports à 6 heures du matin ou à 10 heures du soir. Mais avec la crise du coronavirus, cette technologie connait enfin son heure de gloire. Puisqu’elle ‘protège leur santé en évitant toute prolifération des virus et des bactéries’, selon les propres mots de l’entreprise.

Les transports en commun boudés

Au plus fort de la crise sanitaire, les transports en commun ont observé une réelle perte de voyageurs. Pendant le premier confinement en Belgique, près d’un quart des navetteurs qui faisaient encore le chemin jusqu’à leur travail avait troqué leur abonnement contre des voyages en vélo ou en voiture. À Londres, le nombre de passagers dans le métro a chuté de 95%.

La population a peur de tomber malade dans ces transports, qui sont des lieux parfois bondés et souvent mal aérés. Même un bus vide ne rassure pas, car de nombreuses personnes se méfient de la contamination par les objets. Il est en effet possible de se faire contaminer en touchant une barre de métro, une table ou un siège contaminé. Mais il faut que la personne malade ait toussé ou éternué et que cela fasse moins de 2 heures, selon le microbiologiste Emanuel Goldman. Ce scientifique considère que les contaminations via les surfaces sont exagérées. Il explique dans un article publié dans The Lancet qu’il faudrait une importante quantité de virus sur la surface, pour qu’il soit transposé sur la main et arrive finalement jusqu’au nez ou jusqu’à la bouche. Dans les faits, selon lui, les contaminations ‘ne sont même pas quantifiables’.

Une étude de Santé publique France estime qu’avec le port du masque, les risques sont de l’ordre d’une contamination sur 20.000 voyages. Les transports en commun ne sont donc pas considérés par la plupart des experts comme des lieux de contamination. Mais c’est sans compter sur les navetteurs peu scrupuleux qui retirent leur masque pour tousser ou éternuer.

Les gestionnaires des transports en commun doivent donc maintenant chercher à récupérer la confiance de la population. Et cela passe notamment par la technologie de Trajet-Aunde. Le tissu équipe déjà la ligne C du métro lyonnais. Il pourrait également être utilisé dans d’autres secteurs tels que les théâtres, les centres médicaux ou encore l’horeca.