L’aventure boursière de Donald Trump va-t-elle s’arrêter avant même d’avoir commencé ?

Le raid du FBI à Mar-a-Lago, le complexe de l’ancien président américain Donald Trump à Palm Beach, pourrait avoir de lourdes conséquences sur sa carrière politique. L’opération a également fait chuter le cours de l’action de Digital World Acquisition Corp, une société de chèque en blanc qui souhaite mettre en bourse l’entreprise de médias sociaux Trump Media & Technology Group.

Le FBI a fait une descente dans le complexe de Donald Trump mardi parce que l’ancien président aurait emporté certains documents contenant des informations sensibles de la Maison Blanche. Trump a déclaré que le « raid inopiné n’était ni nécessaire ni approprié » car il avait « coopéré » avec les agences gouvernementales concernées, sans toutefois préciser sur quel sujet.

Conséquences pour la carrière politique de Trump

En tout cas, la descente du FBI pourrait bien contrecarrer ses plans politiques. Après tout, il n’est pas exclu que Trump se représente à la présidence en 2024. S’il est reconnu coupable de dissimulation ou de destruction délibérée de documents gouvernementaux, il risque une amende ou jusqu’à trois ans de prison. Selon la loi, il lui serait également interdit d’occuper un poste gouvernemental.

L’affaire a également jeté le discrédit sur Trump Media & Technology Group, la société de réseaux sociaux à l’origine de la plateforme Truth Social de Trump. Le cours de l’action de Digital World Acquisition Corp, une SPAC qui souhaite rendre publique la société de Trump par le biais d’une fusion, a plongé de 2,6% mardi.

Report de l’introduction en bourse

Le raid n’aurait pas pu arriver à un pire moment. Il y a quelques jours, Forbes a rapporté que Digital World Acquisition Corp avait demandé à ses actionnaires de repousser la date limite de la fusion au 8 septembre 2023. Il s’agit d’un report d’un an.

Cette demande est intervenue après qu’il est apparu le mois dernier que le département de la Justice menait une enquête criminelle sur la fusion. Les documents déposés par les régulateurs indiquent que chaque membre du conseil d’administration de la SPAC a reçu une assignation du grand jury demandant des informations sur les communications avec plusieurs personnes, ainsi que des informations sur Rocket One Capital, une société d’investissement.

Cette société avait investi dans Digital World Acquisition Corp avant l’annonce de la fusion prévue avec la société de Trump. Il n’y a rien de mal à cela, sauf que certains employés étaient déjà au courant des plans de fusion. Et c’est là que le bât blesse. Les SPAC ne sont pas autorisées à divulguer une « cible » avant de lever des capitaux. L’organisme américain de surveillance des marchés boursiers, la SEC, a lancé une enquête en décembre. Selon l’autorité de régulation, Digital World Acquisition Corp et Trump Media & Technology Group avaient déjà eu des discussions avant l’introduction en bourse de la société de chèque en blanc.

La fusion est menacée

Digital World Acquisition Corp a prévenu que les enquêtes pourraient entraver l’approbation réglementaire de la fusion, ce qui, selon elle, pourrait obliger la SPAC à faire sauter l’opération. « Les enquêtes peuvent aboutir à l’imposition de pénalités importantes, d’injonctions, d’interdictions de mener nos activités, d’atteintes à notre réputation et d’autres sanctions à notre encontre », indique la société.

Par rapport au début de l’année, Digital World Acquisition Corp a perdu environ 40%.

(CP)

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