A l’avenir, les plus belles personnes au monde ne seront peut-être plus humaines

A l’avenir, le secteurhyper compétitif de la mode pourra vraisemblablement utiliserintensivement les modèles numériques, écrit Peter Holley,rédacteur en chef du département technologie du journal américain TheWashington Post. Le journaliste se réfère au travail du photographede mode basé à Londres, James Cameron-Wilson, qui est aussi créateur de Shudu,le premier mannequin numérique au monde.

Selon Peter Holley, Shudu, unêtre numérique aux origines africaines dont l’image est devenuevirale sur Internet et qui possède par ailleurs près de 140.000 abonnés sur son compte Instagram, aura bientôt des successeurs.

James Cameron-Wilson a créé desmodèles numériques à la peau foncée, aux courbes féminines, auxrides fines et aux vergetures réalistes. Ces détails ont étéajoutés afin de promouvoir la diversité et embrasser la beauténaturelle. Le photographe de mode a d’ailleurs lancé, il y a peu, The Diigitals, la première agence de mannequins digitaux au monde et dont le portefeuille comprend une listecroissante de modèles virtuels.

Lil Miquela

Selon Holley, Instagram,les filtres Snapchat et les applications de retouche photo reposantsur l’intelligence artificielle ont brouillé les frontières entreréalité et fantaisie, transformant les personnes ordinaires entableaux ou en avatars numériques délicats.

Le magazine Time a inclusLil Miquela, un mystérieux avatar numérique devenu une icône dustyle, dans sa liste des 25 personnes les plus influentes surInternet.

« Selon plusieursobservateurs du secteur, les modèles virtuels tels que Lil Miquelaet Shudu ne sont que le début de la révolution des avatars »,explique Holley. « Etant donné que le public devient de plus en plusà l’aise avec ces identités conçues en ligne, certaines marquesvoient une opportunité de capitaliser ce phénomène », aexpliqué Wilson.

« Il y a beaucoup demodèles sur le marché, cependant il est difficile de trouverquelqu’un de vraiment unique. Un modèle 3D ne peut pas défiler surune piste, mais il peut être le porte-parole numérique qui aide leclient à acheter. »

Selon les experts, lamanipulation d’images numériques de véritables humains est déjàaccusée de perpétuer des normes de beauté irréalistes. Cesdernières commencent déjà a affecté la perception des enfants dèsl’âge de 5 ans. De nos jours, certains craignent d’ailleurs qu’unevague de modèles numériques ne pousse encore plus le public,principalement les femmes, à adopter une version extrême etsynthétique de la beauté.

Selon Wilson, les avatarsne remplaceront pas les modèles vivants. En effet, en raison du coût élevé et du temps nécessaire pour produire un avatar 3D, ces modèlesn’attireront que le secteur du luxe. Un seul modèle numérique peutcoûter des milliers de dollars et sa création requiert descentaines d’heures de production.

Identités fluides

Peter Holley soulignetoutefois qu’un certain nombre d’autres agences, telles que l’agencebritannique Irmaz Models, ont déjà commencé à développer desmodèles virtuels. Selon Kelvin Boon, propriétaire de Boon Models, lesmodèles numériques affecteront considérablement l’industrie.

« Des économiesimportantes peuvent être réalisées », dit-il. « Vousn’avez plus besoin d’embaucher des photographes et des modèlescoûteux pour une séance photo. Tout le travail peut être fait avec un ordinateur. Lorsque les avatars commenceront vraiment à ressemblerà de vraies personnes, les agences de mode perdront beaucoup de leurinfluence. »

« Les marques n’aurontbesoin que de modèles humains pour les événements promotionnels etles défilés », explique Boon.

D’autres notent égalementque les jeunes générations, la génération Y et la génération Z, se sont habituées aux identités fluides. Les avatars représententcette fluidité de la personnalité et les entreprises commencent àréaliser que le fait d’avoir des avatars intégrés au sein de leursréseaux sociaux est un moyen utile de se connecter à leur public,conclut le Washington Post.