Les marchés:
Markten inladen...

MARDI 02 JUIN

Business 24/7

Zoeken
scrollTop top

Le whisky écossais n’est plus du scotch

Logo Business AM
Économie

24/06/2019 | Audrey Duperron | 4 min de lecture

L’organisme qui encadre la production de whisky écossais a décidé d’en assouplir les règles moins strictes à l’avenir. Désormais, les producteurs pourront faire appel une plus large variétés de barriques pour la maturation de leur spiritueux. La Scotch Whisky Association (SWA) entend ainsi satisfaire les distilleries. 

Un whisky ne peut acquérir la qualification convoitée de « Scotch » que lorsqu’il est élaboré avec de l’eau et de l’orge maltée provenant uniquement d’Ecosse, et qu’il a été vieilli en fûts de chêne pendant au moins 3 ans.

Le choix des fûts

Mais le syndicat de ce secteur, laScotch Whisky Association (SWA) imposait également que ces fûts n’aient pas auparavant contenu d’autre type de spiritueux, à part du Xérès, du cognac, du bourbon ou du porto.

C’est précisément cette dernière restriction qui a été supprimée. Désormais, les producteurs pourront utiliser des fûts ayant été employés pour maturer des spiritueux élaborés à base de fruits autres le raisin, tant qu’il ne s’agit pas de fruits à noyau, et qu’aucun autre arôme ne soit ajouté après fermentation ou distillation. Ainsi, ils pourront choisir de faire maturer leur whisky  dans des tonneaux ayant contenu du mezcal, de la cachaça, du shochu ou du baijiu, par exemple.

Cette possibilité leur permettra de créer de nouvelles « expérences gustatives », affirme Jean-Christophe Coutures, CEO de la marque Chivas Brothers Scotch, qui appartient au groupe Pernod Ricard. Certains de ses collègues espèrent que l’ouverture à une plus grande gamme de fûts permettra de réduire les prix. 

Le recul du scotch

Il s’agit d’une victoire pour les distilleries qui souhaitaient cet assouplissement pour favoriser l’innovation et tenter de juguler les pertes de parts du marché au profit de concurrents encadrés par des règles moins moins strictes. Jusqu’ici, la SWA avait toujours refusé d’accéder à leurs demandes, justifiant ses règles strictes par la nécessité de protéger la réputation du whisky écossais

Selon Karen Betts, qui dirige cette association, cette modification renforcera les fondations du whisky écossais, tout en préservant son héritage.

Les producteurs écossais se partageaient 47,4 % des parts du marché mondial du whisky l’année dernière. Mais en 2008, cette proportion s’élevait à 59 %. Au cours de la même période, les parts de marché du whisky américain dans le monde sont passées de 19,5 % à 25,4 %, et les whiskies japonais et irlandais ont également vu leurs ventes augmenter.

Diageo

L’année dernière, Diageo, le plus grand fabricant de Scotch au monde, qui possède notamment les marques Johnnie Walker, J & B et Talisker, avait créé un groupe de travail interne chargé de réfléchir à de nouvelles régles d’élaboration du whisky un certain nombre de règles. A la suite de ces travaux, Diageo avait demandé à la SWA s’il était possible de déroger aux règles traditoonnelles et d’utiliser des fûts ayant auparavant été employés pour la maturation de la tequila de la marque Don Julio.

Mais la SWA avait refusé, ce qui avait provoqué l’indignation de nombreux dirigeants de Diageo, qui y ont vu une « ingérence ». Les nouvelles règles permettront donc à Diageo d’utiliser désormais des fûts de tequila pour la maturation de son whisky. Outre une potentielle baisse de coûts, le groupe en attent un élargissement de sa gamme, avec, à la clé, la possibilité d’attirer de nouveaux consommateurs.

Selon certains experts, en pratique, cette évolution aura peu d’influence. « Le scotch doit être jugé sur sa couleur, son goût et son côté traditionnel. De toute évidence, si vous avez un whisky qui a le goût de la tequila – parce qu’on a eu recours à un ancien fût de tequila pour son élaboration – ce n’est plus du Scotch », affirme Gavin Hewitt, ancien diplomate britannique qui a aussi été un ancien directeur général de la SWA.

Liam Hughes, directeur général de la Glasgow Distillery, approuve le recours à une plus grande gamme de fûts, tout en estimant qu’il ne faut pas aller plus loin. « Le conservatisme avec un petit « c » est une bonne chose, quand il s’agit de scotch », résume-t-il.


Pour aller plus loin...


Logo Business AM

Business AM | Stocks