Votre tasse de café pourrait bientôt vous couter plus cher, et ce, pour plusieurs raisons

Depuis le début de l’année, le prix de l’arabica – variété de caféiers la plus répandue au monde – ne cesse de grimper, entrainant de manière collatérale une hausse des prix de l’autre grande variété de café, le robusta.

Pourquoi est-ce important ?

Le marché du café fait face à une situation particulièrement préoccupante qui pourrait impacter les consommateurs. Plusieurs éléments mettent en effet à mal la production mondiale d'arabica - variété de caféiers la plus répandue, mais aussi la plus chère et la plus fragile -, entrainant une hausse de son prix. Pour faire des économies, certaines grandes entreprises se tournent vers le robusta, variété de café moins cher, ce qui entraine... une augmentation de prix.

La production de café n’a pas été épargnée par la crise sanitaire. La pandémie de coronavirus a en effet eu un impact sur sa production mondiale puisque, en raison des différents confinements, sa récolte a été quelque peu mise à mal. Son exportation est également et indirectement perturbée par la crise sanitaire puisque le transport maritime fait face à une pénurie de conteneurs. Mais le coronavirus n’est pas le seul coupable de l’augmentation du prix du café.

Conditions climatiques difficiles

Les mauvaises conditions météorologiques n’ont pas épargné les productions du café, notamment en Brésil – principal producteur de café au monde – où il s’est mis à neiger en plein mois de juillet. Outre le gel au Brésil, les sècheresses observées dans plusieurs pays producteurs ont également entrainé une baisse de la production. Et la situation ne devrait pas s’améliorer de si tôt. Le Brésil devrait en effet faire face à de fortes pluies au cours du mois de septembre.

Suite aux mauvaises récoltes, le prix de l’arabica n’a cessé de croitre. Mais il n’est pas le seul. Le robusta, l’autre grande variété de café, a également vu son prix augmenté. Les grands consommateurs de café tels que Starbucks se sont en effet tourné vers le robusta – variété considérée comme de moindre qualité, vendue moins cher – pour limiter la casse, entrainant ainsi une hausse de la demande et donc, de prix. Le cours du robusta a en effet atteint son plus haut prix depuis 2014.

Troubles politiques

Aux mauvaises conditions climatiques s’ajoutent également des tensions politiques, notamment en Colombie, autre grand producteur de café. La livraison de grains a en effet été fortement retardée en raison des barrages routiers et des manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu dans le pays. Les exportations de café provenant de Colombie ont ainsi chuté de 52% en juin, comme l’a rapporté la Fédération nationale des caféiculteurs (FNC).

Une livre de café colombien coutait 2,2 dollars en juillet dernier, contre un seul dollar l’année dernière.

Crise sanitaire

La pandémie de coronavirus ne semble pas prête d’être terminée, surtout dans certains pays. C’est notamment le cas du Vietnam où la situation est à nouveau de plus en plus préoccupante. En raison d’une augmentation significative du nombre de cas de coronavirus, le centre d’exportation de Ho Chi Minh a été soumis à de nouvelles restrictions de voyage strictes. Un verrouillage de la ville qui a un impact direct sur l’exportation de grains de café robusta dont le Vietnam est l’un des principaux producteurs au monde.

Pour toutes ces raisons, le prix du café – toutes variétés confondues – ne devrait cesser de grimper. D’autant plus que la demande de devrait cesser d’augmenter. Fort heureusement, selon les analystes, l’impact devrait être relativement limité pour les consommateurs adeptes des produits de grandes compagnies telles que Nestlé (Nescafé, Nespresso). En revanche, l’impact devrait davantage se faire sentir du côté des petits producteurs et revendeurs qui disposent d’une marge de manœuvre moindre.

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