Une ville ‘résistante au Covid-19’ va voir le jour en 2022… En Chine, évidemment

(EPA-EFE/JEROME FAVRE)

Le pouvoir chinois est en train de bâtir une ville résistante au Covid-19, conçue pour faciliter la mise en œuvre de mesures de confinement lors de futures pandémies.

La nouvelle métropole de Xiong’an, située à environ 100 km de Pékin, a été annoncée pour la première fois par le président Xi Jinping en 2017 comme un projet urbain innovant et intelligent, ainsi qu’un centre d’affaires potentiel pour les entreprises qui ne trouvent plus de place dans la capitale surpeuplée.

Mais la pandémie de coronavirus a quelque peu modifié l’objectif initial du projet. Des architectes ont été chargés de ‘construire des immeubles d’habitation à même de permettre à leurs résidents de continuer à fonctionner pendant un confinement’, écrit le Telegraph.

Xiong’an

Le coût de cette nouvelle ville est estimé à environ 425 milliards d’euros. Elle devrait être achevée en 2022. Xiong’an sera un important centre d’activités pour les entreprises technologiques. La Chine veut positionner la ville comme un rival potentiel de la Silicon Valley californienne. Conçue pour soulager la pression sur Pékin, l’enclave urbaine sera équipée de connexions HST et d’une couverture 5G.

Xiong’an se veut une ville innovante qui doit aider le régime de Xi Jinping à faire la transition vers des secteurs industriels à plus forte valeur ajoutée. Loin du ‘piège à revenus’ qui s’est refermé sur la ‘Rust Belt du nord de la Chine’, écrit le Brookings Institute. Toujours selon le groupe de réflexion, la ville devrait être associée à l’ère Jinping, comme les villes de Shenzhen et de Pudong le sont pour l’ère Deng.

Des plans catalans

L’adaptation des plans originaux des habitations de la ville a été confiée au cabinet d’architecture catalan Guallart. Cette firme a notamment conçu des plans lorsque l’Espagne s’est retrouvée en état d’urgence, ce qui a fortement influencé la nouvelle conception. ‘Il en résultera des immeubles d’habitation avec de grands balcons. Ceux-ci permettront d’accéder à l’air libre. Il y aura également d’énormes espaces de travail communs. Il sera facile d’y respecter la distanciation sociale. Il y aura également des jardins potagers, des vérandas et des panneaux solaires pour fournir de l’énergie. Cela devrait permettre aux familles de rester autosuffisantes en cas de perturbation de l’approvisionnement alimentaire.’

Le diffuseur public China Global Television Network (CGTN) croit savoir que les différents bâtiments du projet ‘comprendront des logements pour jeunes et plus âgés, des bureaux, des piscines, des magasins, des supermarchés, des jardins d’enfants et des centres administratifs’. Cela signifie que les besoins en matière de déplacements quotidiens seront très limités.

Le radiodiffuseur public indique également que l’enclave ‘disposera essentiellement d’un système métabolique interne’. Ce système intègre la production d’énergie, le recyclage de l’eau et d’autres matières, ainsi que la production d’aliments.

Une bonne idée?

Selon Vicente Guallart, du cabinet d’architectes du même nom, son équipe a rédigé durant le lockdown espagnol un manifeste de ce qu’elle considérait comme important pour l’avenir.

‘Si les foyers permettent le télétravail et l’apprentissage à distance, disposent d’espaces flexibles sur de grandes terrasses, et si les villes peuvent cultiver des aliments sur les toits ou imprimer des objets en 3D dans leurs quartiers, nous serons mieux préparés aux crises de demain’, déclare-t-il sur le site de la Fondation Thomson Reuters.

Selon le président Xi Jinping, Xiong’an sera ‘la nouvelle norme pour l’urbanisme dans l’ère post-Covid’.

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