Trop c’est trop : les actionnaires refusent les salaires extravagants des directeurs d’Intel et de JPMorgan

Les actionnaires ne sont pas d’accord avec les rémunérations qu’ont reçues les dirigeants d’Intel et de JPMorgan, et le font entendre. Dans une résolution consultative (sorte de sondage de l’opinion), près de 70% des actionnaires des deux compagnies respectives désapprouvent les trop grasses rémunérations.

2021 a été l’année de fantastiques résultats boursiers, et de rémunérations tout aussi fantastiques pour les dirigeants des entreprises américaines. Les PDG des 100 boites au chiffre d’affaire le plus important ont gagné 20 millions de dollars en moyenne, et au total 31% de plus qu’en 2020, montre une récente étude.

L’homme tout en haut de ce classement est Patrick Gelsinger, le patron d’Intel. Il a gagné 178 millions de dollars en 2021. Pour les actionnaires, c’est beaucoup trop : 66% des actionnaires ont voté contre cette rémunération, dans une résolution consultative (non contraignante mais qui donne une idée du mécontentement général), rapporte CNBC.

JPMorgan

Gelsinger n’est pas le seul à voir sa rémunération vilipendée par les actionnaires. Jamie Dimon, PDG de la banque de Wall Street JP Morgan, voit une bonne partie de ses rémunérations être désapprouvées. Un bonus de 52,6 millions de dollars notamment, qui devra être versé en 2026 selon les résultats du cours de l’action et si le dirigeant reste à son poste d’ici-là, passe très mal, rapporte BFM Business.

Les actionnaires étaient invités à voter une résolution consultative sur les salaires et autres rémunérations obtenus en 2021 par les hauts dirigeants de la banque. 69% d’entre eux se sont exprimés contre, une importante majorité qui témoigne d’un fort mécontentement. Les années auparavant, ce vote était passé sans souci. La résolution, comme pour Intel, n’est pas contraignante, donc le bonus ne va normalement pas être supprimé. La banque avait indiqué avant l’assemblée que le vote serait pris en compte pour évaluer les rémunérations futures.

Selon une enquête du Wall Street Journal, Dimon est le cinquième PDG américain le mieux payé en 2021, avec 84 millions de dollars (si le bonus de plus de 50 millions de dollars est inclus).

En 2021, 16 dirigeants d’entreprises avaient vu leur rémunération désapprouvée par les investisseurs. Au mois d’avril, les actionnaires du géant américain de la télécom AT&T avaient également émis un avis négatif sur la rémunération donnée au PDG, l’année auparavant.

Bourses en berne

Les rémunérations des PDG sont, en grande partie, basées sur des options : des packages d’actions accessibles à plus bas prix que le prix du marché. Ces options sont souvent offertes en contrepartie de bonnes performances boursières de l’action, ou de l’entreprise en général.

Or, depuis le début de l’année, les bourses sont en chute. Les investisseurs se demandent encore quand le fond sera atteint. Dans ce sens, atteindre les performance en matière de cours d’action sera plus compliqué cette année. Les packages donnés perdent également en valeur en fonction de la dévaluation des actions. Il sera alors intéressant d’observer la valeur des rémunérations des PDG à la fin de l’année 2022. Il est cependant déjà certain qu’une grosse enveloppe octroyée à un dirigeant pour une quelconque raison, dans le cas de figure où l’action (et l’investissement des actionnaires) finirait dans le rouge le 31 décembre, aurait encore plus de mal à passer auprès des actionnaires.

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