« Construire des giga-usines de production de batteries dans toute l’Europe est une chose. Mais comment approvisionner ces usines en matières premières ? »

La transition énergétique va faire exploser la demande de métaux entre aujourd’hui et 2050. Selon Emmanuel Hache, économiste à l’institut français de recherche IFP Energies Nouvelles (IFPEN), les métaux traditionnels tels que le cuivre, l’aluminium et le nickel seront rachetés en masse. Les métaux des terres rares et le lithium sont des métaux moins critiques.

Dans le journal économique français Les Echos, M. Hache fonde ses déclarations sur un modèle avancé qui calcule la demande résultant de la transition énergétique. Selon ce modèle, et afin de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, une grande partie des ressources en matières premières actuellement disponibles, notamment le cuivre, sera épuisée.

Par exemple, au cours des trois prochaines décennies:

  • 60 à 90 % des ressources actuelles en cuivre,
  • 50 à 85 % de la bauxite,
  • 80 % de cobalt,
  • 60 % de nickel,
  • 30 % du lithium et
  • 4 % des terres rares, pourraient être épuisés.

AIE : la demande de certaines matières premières pourrait être 40 fois plus élevée qu’aujourd’hui

La pénurie de matières premières constitue donc une menace sérieuse pour l’avancement de la transition énergétique. Par exemple, une voiture électrique a besoin de six fois plus de métaux critiques qu’une voiture traditionnelle à énergie fossile. Un parc éolien offshore a besoin de treize fois plus de minéraux qu’une centrale électrique au gaz.

C’est également la conclusion d’une étude du TNO publiée au milieu de l’année dernière. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a également calculé que la demande de certaines matières premières explosera à l’horizon 2040. On parle d’une demande qui pourrait être plus de quarante fois supérieure à celle d’aujourd’hui. Une grande partie de ces matières premières est également extraite dans un nombre limité de pays. Cela a évidemment un impact sur les relations géopolitiques et la domination de ces lieux.

M. Hache reproche donc à l’Europe de ne pas avoir de stratégie cohérente pour accompagner la transition énergétique. « C’est une chose de construire des giga-usines (gigafactories) partout en Europe pour la production de batteries. Mais comment celles-ci seront-elles approvisionnées en matières premières ? »

Même si les industries savent comment construire des batteries, elles dépendront toujours du cobalt ou du lithium provenant de l’extérieur de l’Europe. L’autarcie (le désir de dépendre le moins possible des autres) a beau être une bonne idée, la réalité est différente. Une partie du cuivre des voitures peut être remplacée par de l’aluminium, mais cela ne fait que reporter le problème sur une autre matière première. Selon M. Hache, la hausse des prix des matières premières s’accompagnera inévitablement de leur épuisement.

Rappelons que de toutes les matières premières, c’est le lithium qui a explosé les compteurs en 2021.

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