Les géants de la tech ont fait du lobbying auprès du pape Léon XIV en amont de son encyclique sur l’IA


Principaux renseignements

  • Les géants de la technologie ont fait pression sur le Vatican pour définir le cadre éthique de son encyclique sur l’IA.
  • Le pape Léon XIV considère l’intelligence artificielle comme une révolution transformatrice, comparable à la révolution industrielle.
  • Anthropic intègre directement les perspectives catholiques dans les fondements éthiques de son modèle d’IA.

De grandes entreprises technologiques et des diplomates internationaux ont mené une campagne stratégique pour influencer le Vatican à l’approche de la première encyclique du pape Léon XIV. C’est ce que rapporte Politico. Lors d’une récente journée printanière, un groupe de dirigeants de Google, Amazon et Meta a eu une brève rencontre avec le pape, après quoi ils ont tenu une session de plusieurs heures à l’ambassade de France à Rome. Sous la direction du père Eric Salobir, la délégation a travaillé avec Paolo Ruffini, un haut responsable de la communication du Vatican, afin de discuter des implications morales des nouveaux outils d’IA.

Les manœuvres diplomatiques de la Silicon Valley

Cette série de rencontres représente un effort de lobbying subtil de la Silicon Valley visant à présenter le développement de l’intelligence artificielle comme une démarche responsable. En recourant à des canaux diplomatiques et à des intermédiaires catholiques, les entreprises technologiques veulent se positionner comme des partenaires éthiques avant la publication du document officiel de l’Église. Les enjeux sont considérables, puisque cette encyclique offrira un cadre moral catholique pour une technologie qui transforme fondamentalement le marché du travail mondial et les interactions sociales.

Le pape Léon XIV a clairement indiqué que l’interface entre la foi et la technologie constitue une priorité de son pontificat. Il a explicitement lié son choix de nom à l’accent mis par Léon XIII sur la dignité humaine et la Révolution industrielle, indiquant ainsi qu’il considère l’IA comme un bouleversement transformateur comparable. Son adhésion personnelle à la modernité s’est manifestée lors de sa première messe, où l’on pouvait voir une Apple Watch à son poignet.

Constitutions sur l’IA

L’approche du pape en matière d’éthique de l’IA a été façonnée par des partenariats spécifiques, notamment avec Anthropic. Anthropic a déjà intégré la vision du Vatican dans la « constitution » de son modèle d’IA, Claude.

Outre des entreprises spécifiques, il existe à Rome un réseau d’influence plus large. Le père Eric Salobir, ancien banquier d’investissement, dirige la Human Technology Foundation – une organisation dont font partie notamment Qualcomm et Palantir. Par l’intermédiaire de l’observatoire français de l’IA à Rome, Salobir a facilité des dialogues privés entre des responsables ecclésiastiques et des directeurs des politiques publiques de Meta, Google et Amazon. Bien que certaines discussions aient porté sur la sécurité des enfants, elles se sont étendues aux risques humanistes plus larges et aux conséquences sociales d’une communication par IA sans friction..

Dialogue américain avec le Saint-Siège

Les États-Unis ont également tenté de maintenir un dialogue avec le Saint-Siège sur ce sujet, malgré les tensions politiques entre l’administration Trump et la papauté. L’ambassade américaine a récemment organisé des événements sur l’IA et l’emploi, avec des invités tels que George Osborne d’OpenAI.

Ces efforts visent à montrer au Vatican que le développement éthique de l’IA est une priorité pour certaines entreprises occidentales. Cependant, tous les dirigeants catholiques ne suivront pas aveuglément les directives qui en découleront ; le vice-président JD Vance a remarqué avant lundi que, bien que l’encyclique sera importante, il pourrait ne pas être d’accord avec chaque conclusion que le pape tire.

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