Oui, la Terre peut stabiliser son propre climat pour permettre la vie, mais nous ne serons sans doute plus là pour l’observer

Une nouvelle recherche vient étayer la théorie selon laquelle la Terre serait capable de réguler et de stabiliser sa propre température. À l’heure de l’urgence climatique, il s’agit évidemment d’une bonne nouvelle, mais il y a un hic.

La révolution industrielle et l’emballement de l’activité humaine qui en a suivi ont eu de nombreuses conséquences sur l’environnement, dont le réchauffement climatique. Une situation qui devient chaque année de plus en plus alarmante, et ce, malgré les tentatives pour décélérer le processus.

Ces efforts sont en effet vains pour certains. Même si l’homme ne produisait plus un gramme de CO2, les taux de concentration dans l’atmosphère important pendant des milliers d’années. Mais à plus long terme, tout n’est pas joué pour la planète bleue, cette dernière peut en effet parvenir à traverser ce changement dramatique du climat.

Rétroaction stabilisatrice

Le réchauffement climatique lié à l’activité humaine n’est pas le premier bouleversement climatique qu’a connu la Terre. Le foyer de l’humanité a en effet traversé plusieurs changements dramatiques de son climat, à la suite de périodes glaciaires, de variation du rayonnement solaire ou encore de l’activité intense de volcans. Mais cela ne l’a pas empêché de retrouver une certaine stabilité et de rester un terreau fertile pour la vie.

La Terre est capable de réguler et de stabiliser sa propre température, comme l’a démontré une nouvelle recherche. Une bonne nouvelle à première vue pour les défenseurs du climat et l’humanité en général. Sauf que nous ne serons probablement plus là pour en être les témoins.

Le processus de « rétroaction stabilisatrice » qui permet à la planète bleue de réguler et stabiliser sa température demande environ 100.000 d’années en moyenne. À l’échelle humaine, il est tout bonnement impossible d’observer cela.

Des preuves directes

Comment une planète ayant subi autant de changements externes dramatiques, a-t-elle pu malgré tout maintenir la vie en son sein au cours de ses 3,7 milliards d’années d’existence ? C’est la question que se sont posée des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Sur base de la théorie qui affirme que la Terre est capable de réguler et de stabiliser sa température, ils ont appliqué une modélisation mathématique à des données paléoclimatiques existantes, remontant à plus de 66 millions d’années, pour déterminer si les fluctuations des températures moyennes de notre planète pourraient être limitées par un ou plusieurs facteurs et en ont conclu qu’un mécanisme de stabilisation était bien à l’œuvre pour maintenir des températures adaptées à la vie.

Autorégulation des températures terrestres

L’altération des silicates – des sels combinant du dioxyde de silicium SiO2 à d’autres oxydes métalliques – serait au cœur de ce mécanisme d’autorégulation des températures terrestres. Avec le temps, les roches de silicate s’altèrent et s’érodent, exposant ainsi des couches plus profondes de minéraux à l’atmosphère. S’ensuivent des réactions chimiques avec les silicates qui extraient le dioxyde de carbone de l’atmosphère, le piégeant dans les roches et les sédiments océaniques, expliquent les chercheurs dans leur rapport.

Or, la présence élevée de dioxyde de carbone dans l’atmosphère – à la suite d’un changement climatique ou autre – accélère l’altération des silicates et donc, la quantité de sels exposés qui, à leur tour, éliminent davantage de gaz à effet de serre. Et qui, in fine, limite l’altération future.

Un processus qui varie en fonction des températures à stabiliser, il peut prendre jusqu’à 400.000 ans, comme l’ont suggéré certains fossiles et carottes de glace.

Sans ce mécanisme de rétroaction stabilisatrice, notre planète subirait des fluctuations de températures de plus en plus extrêmes.

Les chercheurs estiment cependant qu’une part de hasard a joué dans la balance permettant à la vie de persister au cours des millénaires, car à très grandes échelles, sur plus d’un million d’années, aucune rétroaction stabilisatrice n’a été observée à partir des données. Nous avons donc eu de la chance que les fluctuations de températures ou catastrophes climatiques furent limitées, de sorte qu’elles n’ont pas interrompu la boucle de rétroaction.

En conclusion, il y a des chances pour que la vie sur Terre se maintienne, malgré le changement climatique initié par l’homme. Quant à savoir si l’humanité sera présente pour en profiter, c’est une tout autre question.

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