Robotique: les États-Unis peuvent-ils toujours suivre la Chine?

Les usines américaines ont installé 35 880 robots l’année dernière. Il s’agir d’une augmentation de 7 % par rapport à l’année dernière, selon un rapport récent de la Robotics Industry Association (RIA). De façon remarquable, ce n’est plus l’industrie automobile qui domine l’utilisation de la robotique. Elle fait également son apparition dans les industries alimentaire, des semi-conducteurs et du plastique.

Robotique : la domination chinoise est frappante

Pourtant, les États-Unis sont loin derrière la Chine dans ce domaine. Ce pays a une avance considérable et investit de plus en plus d’argent dans l’intelligence artificielle (IA). Le graphique ci-dessous de la Fédération internationale de robotique contient les chiffres pour 2017, mais donne néanmoins une image claire de la domination chinoise.

Robotique - 15 plus grands marchés 2017

Les Américains semblent maintenant vouloir se lancer dans la course avec la Chine. Non seulement de plus en plus de robots sont utilisés, mais on observe également une augmentation des investissements dans la robotique dans les universités. Objectif : dominer la technologie du futur.

Selon les experts, la robotique est également à un tournant. « Les robots deviennent meilleurs, moins chers et plus polyvalents. C’est pourquoi ils peuvent être utilisés efficacement dans un plus grand nombre d’industries », déclare Rob Atkinson, président de la Fondation pour la technologie de l’information et de l’innovation.

Le MIT entre également dans la course

Les universités américaines s’y lancent aussi à fond. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a récemment créé le College of Computing , doté d’un capital de départ d’un milliard de dollars. Stephen Schwarzman, CEO du fonds d’investissement Blackstone, y a participé à hauteur de 350 millions. Il veut à tout prix maintenir la compétitivité des États-Unis face à la Chine. Cependant, il met en garde contre les perturbations que l’I.A. peut causer dans la société si elle est associée à des contrôles insuffisants.

L’une des missions du College of Computing est donc de s’assurer que chacun comprenne les possibilités de la technologie et où elle doit être utilisée.

Too little, too late ?

Les experts ne sont pas impressionnés. Si les États-Unis ne changent pas de cap technologique, une grande partie de ce qui est acheté aux États-Unis sera produite aux États-Unis demain… par des robots chinois.

La Chine a prouvé que le gouvernement pouvait jouer un rôle central lorsqu’il s’agit de développer une industrie. Dans ce cas-ci, la robotique. Plus important encore, peut-être qu’avec une telle stratégie, le gouvernement peut être le facteur décisif dans la course au leadership mondial dans un secteur particulier.

Les Américains se sont fiés aux forces du marché pour décider quoi faire de la science et de la technologie. Une erreur catastrophique est maintenant à craindre.