« Qu’ils volent avec autre chose, leurs balais, je ne sais pas quoi ». La Russie cesse de fournir des moteurs de fusée aux États-Unis

La société d’État russe Roscosmos a décidé de ne plus vendre de moteurs de fusée aux États-Unis. Il s’agit d’une réaction aux sanctions mondiales que subit actuellement la Russie. La plupart des lancements de fusées aux États-Unis ne seraient pas directement affectés, mais c’est un signal important du programme spatial russe.

La nouvelle a été annoncée jeudi par Dmitry Rogozin, chef de Roscosmos. Il s’agit de la société d’État officielle responsable de tous les vols spatiaux non militaires et de la recherche russes. Dans une interview accordée à l’agence de presse russe TASS, M. Rogozine a déclaré sans ambages : « Qu’ils volent sur autre chose, leurs balais, je ne sais quoi ». Avec cette annonce, la Russie semble vouloir montrer que la guerre pèse aussi au-dessus de nos têtes. C’est d’ailleurs le cas l’ISS où l’équipage russe a été informé de travailler séparément.

Deux parties américaines dépendent des moteurs russes. Il s’agit de United Launch Alliance (ULA) et de Northrop Grumman. Le premier groupe est une entreprise commune de Lockheed Martin et Boeing et est spécialisé dans le lancement de satellites gouvernementaux et de sondes spatiales. Les principaux clients sont la force spatiale américaine et la NASA. Northrop Grumman produit à son tour des avions militaires pour l’armée de l’air américaine et transporte régulièrement du fret vers l’ISS.

La fusée Atlas V

L’ULA utilise le moteur russe RD-180 pour propulser ses fusées depuis près de 20 ans. En 2014, après l’invasion de la Crimée par la Russie, le Congrès a temporairement interdit l’utilisation de ce moteur. Cela a conduit l’ULA à envisager des alternatives américaines, après quoi elle s’est retrouvée avec le BE-4 de Jeff Bezos. Comme ces moteurs ne sont pas encore prêts, ce sont des moteurs russes qui sont utilisés.

Pour l’instant, les sanctions russes ne semblent pas avoir un impact trop important sur l’ULA. Le groupe affirme qu’il dispose actuellement de tous les moteurs dont il a besoin, tandis qu’il est en train de passer à des moteurs américains.

Par contre, Northrop Grumman s’attendait à recevoir douze moteurs russes supplémentaires jusqu’en 2024, mais cette livraison est désormais compromise. La société a prévu deux autres vols vers l’ISS, mais on ne sait pas encore comment ils seront affectés. Actuellement, la coentreprise recherche d’autres fournisseurs.

SpaceX

En attendant, l’Amérique dispose d’autres options pour se rendre à l’ISS, par exemple avec le partenaire commercial SpaceX. La société d’Elon Musk a déjà conclu des contrats avec la NASA pour envoyer des personnes et des marchandises vers l’ISS. Tout le matériel de la société est fabriqué aux États-Unis, ce qui la met relativement à l’abri des sanctions russes.

La décision de Roscosmos est une réponse aux sanctions internationales contre la Russie. Le pays a également suspendu les lancements conjoints avec l’Europe, arrêté le lancement d’un satellite au Kazakhstan et menacé de mettre fin à la coopération avec la NASA sur l’ISS.

« Nous suivrons de près les actions de nos partenaires américains. S’ils restent hostiles, nous reviendrons sur la question de l’existence de l’ISS », a récemment déclaré la société au radiodiffuseur public RT.

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