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PS et N-VA se sont vus une deuxième fois: ‘Une discussion ouverte’, mais pas de percée

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Politique

30/05/2020 | Baptiste Lambert | 8 min de lecture

Paul Magnette (PS) - Bart De Wever (N-VA) - Isopix

Le PS et le sp.a ont une nouvelle fois rencontré le top de la N-VA. Une longue discussion pour tenter de déblayer le terrain. Rien de plus pour le moment. De son côté, la Première ministre a annoncé un nouveau plan de soutien économique qui doit être discuté ce samedi par le kern élargi. Avec quelques frustrations au sein des partis d’opposition.

Bart De Wever (N-VA), Paul Magnette (PS) et Conner Rousseau (sp.a) se sont rencontrés ‘plusieurs heures’ jeudi soir. Personne ne pourra dire que les deux socialistes ne jouent pas le jeu, prenant leur temps et consultant tout le monde, y compris la N-VA.

Les partisans de Paul Magnette sont prévenus: le président du PS s’entretient silencieusement avec les nationalistes. C’est déjà la deuxième fois qu’il rencontre Bart De Wever pour dégager des pistes au fédéral. Selon plusieurs sources, la discussion a été ‘ouverte et agréable’. Mais pas de réel avancement pour autant: ‘C’est un tour de table, chacun se renifle, il ne faut pas s’attendre à de réelles percées, mais ce sont des exercices utiles’, entend-on du côté socialiste.

Vendredi, Paul Magnette et Conner Rousseau ont également vu les libéraux francophones: ils avaient rendez-vous avec la Première ministre Sophie Wilmès, une rencontre à laquelle est venu se joindre le président du MR, Georges-Louis Bouchez. Contrairement aux déclarations publiques de GLB sur l’initiative socialiste, la discussion a, là aussi, été très courtoise: ‘La présence de la Première ministre rend toujours le président de parti un peu plus doux’, nous commente-t-on en coulisses.

Là encore, pas de réelles avancées. Mais un climat constructif: l’heure n’est plus aux querelles incessantes.

Magnette et Rousseau terminent donc un deuxième tour de table, ils ont encore quelques rendez-vous à leur agenda. Cela ne signifie pas pour autant la fin de la mission qu’ils ont lancée: ils devraient poursuivre leur travail encore pendant deux semaines.

Malgré ce climat plutôt calme, les mêmes difficultés demeurent:

  • Le MR, ultra-représenté au sein du gouvernement fédéral, n’est pas pressé de bouger.
  • Egbert Lachaert, nouveau président de l’Open VLD, dont la victoire écrasante lui assure un mandat fort, mettra toujours le socio-économique en avant dans les négociations. Avec quelques mesures qui rebuteront les socialistes et les verts.
  • Les tensions restent vives entre Ecolo et le MR, ce qui n’arrange rien.
  • Le CD&V demeure toujours en faveur d’une solution qui mêle les deux plus grands partis de chaque Communauté. Koen Geens l’a encore affirmé récemment.
  • Bref, la Vivaldi a du plomb dans l’aile.

Lire aussi : Gouvernement fédéral: la Vivaldi accuse le coup, au profit d’élections anticipées ?

  • L’autre option – PS/N-VA – n’est pas plus simple pour autant.
  • Même en cas d’accord entre socialistes et les nationalistes, le MR veillera au grain. Les libéraux redoutent toujours une sorte d’accord communautaire entre les deux partis. Et le match Magnette/Bouchez n’est pas que du folklore. Le président des libéraux veillera à ce que le PS ne tire pas entièrement la couverture de son côté.
  • Malgré les mots apaisants de la coprésidente d’Ecolo, Rajae Maouane, sur La Première ce vendredi – ‘Nous devons surmonter les fractures politiques’ – la position des verts francophones ne semble pas avoir changé vis-à-vis de la N-VA. Et cela engendre une certaine frustration chez Groen: ‘Nous sommes beaucoup trop attachés à ce mariage fédéral avec Ecolo, où la rigidité règne’, déclare un éminent député.
  • ‘Paul et Conner tentent de rassembler une équipe autour d’eux, avec une certaine vision et une philosophie. Mais vous savez que cela ne se fait pas en deux temps trois mouvements dans ce pays’, entend-on du côté du PS.
  • Tous parlent de programmes, d’orientations, plutôt que de personnes et de partis pour former un gouvernement fédéral. Mais au bout du compte: il faudra faire des choix. Sans quoi, ce sera la case élections anticipées, avec les dangers que cela représente.

Plan de protection sociale et économique

Cette ambiance constructive, elle répond bien sûr à une situation économique exceptionnelle, qui met en danger l’emploi de nombreux travailleurs en Belgique. Ce vendredi soir, la Première ministre a présenté un plan de bataille, la 3e phase du plan de protection sociale et économique. Il tourne autour de 4 axes.

  • La prolongation de nouvelles mesures: chômage temporaire, droit passerelle, congé parental…
  • La création de nouvelles mesures transversales.
  • Des soutiens spécifiques à des secteurs qui ont souffert: Horeca, culture, événementiel.
  • Une aide sociale de 250 euros pour les bénéficiaires du revenu d’intégration et des personnes porteuses d’un handicap.

Lire aussi : Le plan de bataille du fédéral pour la 3e phase de la relance économique et sociale

Ce plan doit être discuté au sein du superkern (partis du gouvernement + partis d’opposition, à l’exception du PTB et du VB). Les partis qui soutiennent le gouvernement de l’extérieur pourront y faire leurs propositions.

  • Il y a toutefois pas mal de frustrations au sein des partis d’opposition. Car la communication entre le gouvernement fédéral et ces partis est quasi nulle (en dehors des superkern). Le plan en 4 axes mentionné plus haut est d’ailleurs sorti dans la presse avant d’avoir transité par les partis.
  • Mais les partis d’opposition n’arrivent pas les mains vides: ‘Bon, le gouvernement a son communiqué de presse qui est prêt, il a un plan très détaillé. Excellent. Nous avons également un plan complet qui est prêt. S’ils veulent en parler demain (samedi) pour façonner la reprise, ce sera une rencontre intéressante’, commente-t-on du côté socialiste.
  • Paul Magnette (PS) arrive en effet avec un plan sur la table à 37,59 milliards d’euros (à la virgule près) pour une relance économique autour de l’horeca, de la culture et des hôpitaux principalement. ‘Honnêtement, on n’est pas dans un plan tout rouge. C’est une attitude constructive de notre part, avec des mesures de gauche et de toute nature’, a commenté le président des socialistes dans Le Soir.
  • En principe, le gouvernement ne doit pas forcément recueillir l’accord des dix partis. Mais l’idée était de former une ‘union nationale’ autour de la Première ministre. Dans cette optique, mieux vaut obtenir un large consensus.
  • Un deuxième bazooka qui doit mieux cibler les PME, a déjà été annoncé par le ministre des Finances, Alexander De Croo.

Outre ce tour de table avec les partis d’opposition, les propositions faites à la Chambre seront aussi examinées, avant d’entamer une phase de concertation avec les partenaires sociaux.

Source: BusinessAM


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