Principaux renseignements
- La Belgique a lancé un programme de service militaire volontaire afin de lutter contre les pénuries de personnel critiques. La première promotion commence sa formation ce mois-ci.
- Cette initiative vise à tripler les effectifs de la réserve pour atteindre 12 800 membres d’ici 2035.
- Les allocations mensuelles versées à ces recrues s’accompagnent de coûts opérationnels élevés.
La Belgique a lancé une nouvelle initiative de service militaire volontaire, qui débute avec un premier groupe de 50 recrues âgées de 18 à 25 ans. Cette première vague rejoint la marine, et 450 personnes supplémentaires devraient suivre d’ici septembre — 75 dans l’armée de l’air et 375 dans l’armée de terre. Parmi plus de 3 200 candidats, ces 500 personnes ont été sélectionnées pour s’engager à temps plein pendant un an auprès du ministère de la Défense.
Remédier aux pénuries de personnel
Le ministre de la Défense, Theo Francken, a salué ce programme comme une initiative éducative et sociale majeure, qui répond au souhait de la population de voir davantage de structure et de discipline. Toutefois, l’objectif premier de cette initiative est de remédier aux pénuries de personnel critiques.
Le gouvernement belge espère qu’à l’issue de leur année de service, ces jeunes adultes intégreront soit des postes militaires de carrière, soit la réserve. L’objectif à long terme est de porter les effectifs de la réserve à 12 800 membres d’ici 2035, soit près du triple des effectifs actuels.
Autres pays européens
Cette approche s’inspire de systèmes déjà en place dans d’autres pays européens. L’Allemagne a mis en place un dispositif volontaire en 2011 après avoir mis fin au service obligatoire. Bien qu’il ait attiré un grand nombre de candidats au départ, il a souffert d’un taux d’abandon élevé.
En revanche, la Suède et la Norvège ont recours à la conscription sélective. La Suède évalue les candidats sur la base de leur profil psychologique, de leurs capacités physiques et de leurs aptitudes cognitives, en donnant la priorité à ceux qui manifestent un réel désir de servir. En Norvège, un faible pourcentage de ces conscrits sélectionnés finit par embrasser une carrière militaire à long terme ou suivre une formation spécialisée.
Potentiel de réussite à long terme
Le caractère volontaire du modèle belge pourrait constituer sa plus grande force, car les personnes qui choisissent de servir sont potentiellement plus enclines à rester dans l’armée que celles qui y sont contraintes. Néanmoins, le succès final du programme reste à démontrer.
Implications financières
Des questions financières entourent également le projet. Bien que le ministère de la Défense n’ait pas encore publié les chiffres budgétaires définitifs, les coûts dépassent largement l’allocation mensuelle nette d’environ 2 000 euros par recrue.
Alors que la masse salariale annuelle pour le premier groupe s’élève à environ 12 millions d’euros, le gouvernement doit également prendre en charge les dépenses liées au logement, à l’alimentation, aux examens médicaux, aux uniformes, à l’armement et au personnel nécessaire pour diriger la phase de formation de base de dix semaines.(fc)
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