Les attaques de drones ukrainiennes touchent le géant russe du commerce électronique Ozon, provoquant une chute vertigineuse du cours de l’action de l’entreprise


Principaux renseignements

  • L’Ukraine cible les centres de distribution du commerce électronique russes afin de déstabiliser l’économie nationale.
  • Le cours de l’action d’Ozon a chuté de 30 pour cent à la suite de frappes systématiques de drones sur ses centres de distribution.
  • Vladimir Poutine a accordé à l’État le pouvoir de saisir les infrastructures privées qui ne parviennent pas à assurer la sécurité.

L’Ukraine a intensifié sa campagne aérienne visant à déstabiliser l’économie russe en ciblant systématiquement les pôles logistiques commerciaux.

Ozon et Wildberries

Lors d’une récente vague d’attaques, des drones ont frappé au moins six centres de distribution appartenant à Ozon, la deuxième plus grande entreprise de commerce électronique de Russie, pendant plusieurs jours à compter du 22 août.

Cela s’inscrit dans la lignée d’une série d’attaques similaires contre Wildberries, la principale place de marché en ligne du pays, où plus de 20 entrepôts ont été touchés depuis la mi-juillet. Kiev affirme que ces réseaux commerciaux jouent un rôle essentiel dans le soutien des efforts militaires de Moscou.

Répercussions financières

L’impact de ces raids s’est étendu au-delà de la destruction physique pour entraîner une instabilité financière. Le lundi 24 août, le cours de l’action d’Ozon a chuté de près de 30 pour cent à la Bourse de Moscou, déclenchant une séance d’enchères basée sur la volatilité afin de stabiliser les échanges sur les actions de la société.

Perturbations logistiques généralisées

La portée géographique des attaques a été vaste. À Makhachkala, un site a pris feu, causant des blessures légères au personnel et un arrêt total des opérations. Un incendie similaire s’est déclaré dans un entrepôt à Enem, nécessitant une évacuation totale.

Si les installations de Nevinnomyssk et d’Adygeysk ont échappé aux dégâts, les travailleurs ont néanmoins été évacués en raison d’alertes à l’approche de drones. Des frappes précédentes avaient également perturbé les activités dans les régions d’Orenbourg et de Samara, où des centaines d’employés avaient été contraints de fuir leur lieu de travail.

Offensive militaire

Parallèlement aux frappes économiques, les Forces des systèmes sans pilote ukrainiennes, dirigées par le commandant Robert Brovdi (surnommé « Madyar »), ont fait état d’une offensive militaire élargie. Brovdi a affirmé que 66 cibles avaient été neutralisées dans la nuit du 24 août, dont un avion de chasse MiG-29 et quatre systèmes radar spécialisés en Crimée et dans la région de Rostov.

De plus, les forces ukrainiennes ont pris pour cible des bases de la police spéciale russe et des sites énergétiques situés dans les territoires occupés, ainsi que des navires liés à la « flotte fantôme » russe. Alors que le ministère russe de la Défense a affirmé que près de 1 000 drones avaient été interceptés en l’espace de 24 heures, ces chiffres restent à confirmer.

Intervention de l’État par le Kremlin

Face à la vulnérabilité de son secteur privé, le président Vladimir Poutine a accordé des pouvoirs extraordinaires à l’État. Un nouveau décret signé le 24 août autorise le gouvernement russe à prendre temporairement le contrôle d’infrastructures critiques — notamment des sites industriels et logistiques — si les propriétaires privés sont jugés coupables de ne pas avoir protégé les installations ou de ne pas les avoir remises en état rapidement après une frappe.

Cette mesure permet au Kremlin d’assumer les droits de propriété et de gérer les actifs financiers et matériels de ces entreprises. Elle fait suite à une directive distincte de Poutine visant à mettre en œuvre un programme de reconstruction financé par l’État pour les entrepôts commerciaux endommagés.

Malgré les déclarations officielles du Kremlin concernant la résilience économique, la fréquence croissante de ces frappes suggère que la Russie reste incapable de protéger pleinement ses infrastructures nationales contre les essaims de drones ukrainiens à longue portée. (fc)

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