Principaux renseignements
- L’homme d’affaires allemand Klaus-Michael Kuehne est décédé en début de semaine à l’âge de 89 ans, sans héritiers.
- La Fondation Kuehne gère désormais un empire mondial diversifié d’une valeur de 42 milliards d’euros.
- Cette organisation s’engage également dans des œuvres caritatives, en mettant l’accent sur le changement climatique, la médecine et l’enseignement de la logistique.
Le décès de Klaus-Michael Kuehne à l’âge de 89 ans marque la fin d’une époque caractérisée par des opérations commerciales audacieuses et un style de direction autoritaire.
Kuehne Foundation
N’ayant pas d’enfants, le magnat allemand a transféré sa vaste fortune, estimée à 42 milliards d’euros, à une organisation discrète basée en Suisse.
Cette transition est l’aboutissement d’une stratégie à long terme visant à garantir que son empire commercial — qui comprend des participations importantes dans l’aviation, le transport maritime, l’immobilier et la chimie — soit géré par la Fondation Kuehne, la positionnant ainsi comme l’une des fondations les plus importantes d’Europe.
Un empire mondial diversifié
Au cœur de cette fortune se trouve le géant de la logistique Kuehne + Nagel, une entreprise fondée par son grand-père et dont il détenait 60 pour cent des parts. Au cours de la dernière décennie, la fortune de Kuehne a quadruplé, ce qui lui a permis de diversifier son portefeuille.
Ses investissements se sont étendus pour inclure une participation de 30 pour cent dans Hapag-Lloyd, de 20 pour cent dans Brenntag et une position notable dans Flix. Par ailleurs, il a étendu ses activités au secteur de l’aviation, portant sa participation dans Deutsche Lufthansa à 20 pour cent en début d’année, tout en investissant dans l’hôtellerie haut de gamme, comme l’hôtel The Fontenay à Hambourg.
Nouveau conseil d’administration
Le passage d’un décideur unique et dominant à un conseil d’administration devrait modifier l’approche stratégique de l’organisation. Les experts soulignent que, si un milliardaire peut agir de manière décisive et prendre des risques élevés, un conseil d’administration fonctionne généralement selon un processus de délibération et de prudence.
Par conséquent, on s’interroge sur la manière dont la fondation gérera ces actifs dans un contexte de vague de consolidation du secteur, comme en témoignent les récentes opérations impliquant MSC, FedEx et EasyJet. Alors que certaines participations clés, telles que Hapag-Lloyd, pourraient être conservées en tant qu’actifs patrimoniaux, d’autres pourraient être cédées ou réajustées en fonction des objectifs à long terme de la fondation.
Héritage philanthropique
La fondation, créée il y a environ un demi-siècle avec l’aide de ses parents, a son siège à Schindellegi, en Suisse. Elle concentre ses efforts philanthropiques sur le changement climatique, la médecine, la culture et la logistique. Fidèle à la volonté de contrôle de Kuehne, la fondation a donné la priorité à la création de ses propres institutions, notamment un centre de rééducation à Davos et une université spécialisée en logistique à Hambourg.
La gouvernance de l’empire reste entre les mains d’un cercle restreint de conseillers de confiance et de membres de la famille. Ce cercle restreint comprend des personnalités clés telles que Joerg Wolle et Karl Gernandt, aux côtés des experts juridiques Thomas et Tobias Staehelin. Dans le cadre de l’organisation de la succession, Thomas Staehelin prendra la tête de la fondation, qui gère un budget de 135 millions de francs suisses (144 millions d’euros) et emploie environ 800 personnes. Si la participation de la fondation dans Lufthansa garantit une stabilité immédiate, les objectifs spécifiques à long terme de cet investissement restent flous. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

