Principaux renseignements
- La Russie se prépare à tester le missile de croisière à propulsion nucléaire « Burevestnik » près de Nouvelle-Zemble.
- Des images satellites confirment un déploiement d’avions de télémétrie spécialisés et de navires de soutien.
- Ce « Tchernobyl volant » offre une portée quasi illimitée, mais présente des risques radiologiques extrêmes.
La récente intensification des mouvements navals et aériens russes près de l’archipel de la Nouvelle-Zemble a conduit les experts à penser qu’un nouvel essai du missile 9M730 « Burevestnik » est imminent. Ce missile de croisière à propulsion nucléaire, désigné par l’OTAN sous le nom de SSC-X-9 Skyfall, est conçu pour des frappes intercontinentales.
En raison de son système de propulsion nucléaire et de la menace de retombées radioactives qui en découle, les observateurs occidentaux ont surnommé cette arme le « Tchernobyl volant ».
Indices d’un lancement imminent
Les indices laissant présager un lancement prochain reposent principalement sur des images satellites récentes et des observations d’aéronefs. À la base aérienne de Rogachevo, des observateurs ont repéré un avion d’alerte précoce A-50U ainsi que plusieurs avions de transport et hélicoptères.
Il convient notamment de noter que deux appareils Il-976 SKIP — des avions spécialisés utilisés pour le suivi télémétrique et la surveillance des trajectoires de missiles — ont également été identifiés. De plus, des navires civils ayant déjà servi à des essais de missiles ont été repérés en train de se positionner dans les mers de Kara et de Barents, près de la zone d’essais de Pankovo.
Nouvelle-Zemble
Le choix du site est significatif, car la Nouvelle-Zemble a servi de principal terrain d’essais nucléaires soviétique de 1955 à 1990. Ce site est notamment célèbre pour avoir accueilli, en 1961, l’explosion de la « Tsar Bomba », la plus puissante explosion nucléaire jamais enregistrée.
Selon l’expert militaire norvégien Tord Are Iversen, le déploiement actuel de moyens reflète les schémas observés avant les précédents lancements du « Burevestnik », ce qui suggère que l’infrastructure nécessaire à un essai à grande échelle est désormais opérationnelle.
De nombreux tests infructueux
Le « Burevestnik » est conçu pour échapper aux systèmes de défense traditionnels grâce à un petit réacteur nucléaire qui lui confère théoriquement une portée quasi infinie et la capacité d’emprunter des trajectoires de vol imprévisibles.
Bien que la Russie ait revendiqué des succès lors d’essais récents — notamment un vol de 14 000 kilomètres d’une durée de 15 heures en 2025, selon certaines sources —, l’histoire de cette arme est entachée de nombreux échecs. Sur environ 14 lancements, seuls deux sont généralement considérés comme réussis.
Utilité stratégique et risques
Malgré les affirmations de Moscou selon lesquelles ce missile constitue un atout stratégique « invincible », les analystes militaires restent sceptiques. Comme il se déplace à des vitesses subsoniques, le Burevestnik pourrait être vulnérable à l’interception une fois détecté. De plus, les risques radiologiques liés à son système de propulsion présentent de graves dangers techniques. Bien qu’il représente un défi unique pour les réseaux de défense aérienne, son utilité pratique est remise en question compte tenu de l’arsenal existant de missiles balistiques à grande vitesse dont dispose la Russie. (fc)
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