Principaux renseignements
- Les partis de la coalition MR, N-VA et cd&v en Belgique prennent le parti de l’industrie de l’alcool au détriment des règles sanitaires édictées par le gouvernement.
- Les brasseurs s’opposent aux avertissements sanitaires obligatoires afin de préserver les traditions culturelles belges.
- Le ministre Frank Vandenbroucke (Vooruit) défend ces mesures, qu’il juge essentielles pour la santé publique.
Plusieurs partis de la coalition majoritaire, dont le MR, la N-VA et le cd&v, se sont publiquement rangés du côté de l’industrie de l’alcool, dans une démarche qui va à l’encontre du durcissement de la réglementation sur l’alcool mis en place par le gouvernement fédéral. Des responsables de haut rang, tels que les chefs de groupe du MR et de la N-VA, ont explicitement apporté leur soutien à une campagne de lobbying.
De son côté, le chef du cd&v, Sammy Mahdi, a critiqué l’approche actuelle, estimant que ces mesures diabolisent la consommation d’alcool et que l’État ne devrait pas imposer un mode de vie limité à « l’eau et au fromage allégé ». C’est ce que rapporte De Standaard.
Avertissement sanitaire
Le conflit porte sur une campagne publicitaire à grande échelle lancée par les Brasseurs belges. L’organisation exhorte le gouvernement à reconsidérer les avertissements sanitaires obligatoires sur les publicités pour l’alcool, en particulier la phrase « L’alcool nuit à la santé ».
Alors que le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, soutient qu’il s’agit d’un outil nécessaire pour informer le public, les brasseurs affirment que cela assimile une consommation modérée d’alcool à une crise sanitaire. Ils soutiennent qu’un tel slogan crée une culpabilité inutile et s’attaque aux traditions culturelles belges, soulignant que des pays comme la France considèrent leur culture du vin comme un atout patrimonial plutôt que comme un risque sanitaire.
Frictions politiques au sein de la coalition
Bien que cette mesure fasse partie de l’accord de gouvernement, Vandenbroucke semble isolé dans sa défense de celle-ci. Certains membres de la coalition attribuent l’adoption de cette mesure à la persévérance du ministre et au soutien passif du Premier ministre Bart De Wever, qui ne consomme pas d’alcool lui-même.
Les représentants du secteur, en revanche, y voient une première étape calculée vers une guerre plus large contre l’alcool plutôt que contre son abus uniquement, affirmant que le gouvernement stigmatise tout un secteur économique.
Tabac
Certaines concessions ont été accordées au cours des négociations. Par exemple, les avertissements sanitaires ne sont pas obligatoires sur les emballages, la verrerie ou les produits de marque non alcoolisés. De plus, les parrainages d’entreprises, tels que la Jupiler Pro League, restent exemptés. Néanmoins, le lobby des brasseurs considère ces compromis comme insuffisants.
Le ministre Vandenbroucke reste ferme, arguant que si la consommation sociale d’alcool fait partie de l’identité belge, la réalité scientifique des risques de cancer et de dépendance ne peut être ignorée. Il insiste sur le fait que le rôle du gouvernement est de fournir des informations sanitaires précises. Même le leader du Vooruit, Conner Rousseau, soutient cette mission axée sur la santé, bien qu’il ait auparavant encouragé les jeunes à se retrouver davantage dans les cafés traditionnels, à condition de le faire avec modération.
Une tendance plus large à l’alignement sur les intérêts de l’industrie
Cette tendance des responsables politiques à se ranger du côté des lobbies industriels va au-delà de l’alcool. Le chef du MR, Georges-Louis Bouchez, s’est récemment rendu chez un fabricant de cigarettes électroniques pour exprimer ses inquiétudes face aux futures réglementations restrictives, suggérant que celles-ci pourraient pousser les consommateurs vers des importations illégales.
De même, la figure de l’opposition Frédéric De Gucht s’est élevé contre ce qu’il perçoit comme une intolérance envers le tabagisme, estimant que les interdictions de fumer sur les terrasses vont trop loin. De Gucht, qui a également soutenu la campagne des brasseurs, a fait valoir que l’État ne devrait pas stigmatiser ceux qui apprécient l’alcool, surtout compte tenu de la culture de la bière profondément enracinée en Belgique. (fc)
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